ISMM - Chapitre 43 - Entente tacite
803.
Il avouait son amour sans la moindre réserve, au beau milieu de cette assemblée.
J'étais complètement sonné par ce "LOVE" d’une simplicité rustique de la part de Gu Yiliang. En même temps, j’étais pris d’un vertige étrange : si à cet instant précis l’émission décidait d’organiser un mariage en direct, devant des milliers de spectateurs, je dirais oui sans la moindre hésitation.
Ses yeux étaient vraiment magnifiques. Était-ce un océan ? Comment pouvaient-ils contenir une tendresse si infinie ?
La forme de ses lèvres était vraiment parfaite. Était-ce une petite embarcation ? Comment pouvaient-elles porter une chaleur aussi profonde ?
Sa voix était vraiment envoûtante. Était-ce un chant de sirène ? Comment pouvait-elle troubler l'esprit même en prononçant une phrase aussi cliché ?
J’avais l’impression d’être une barque chancelante, sur le point de chavirer dans la tempête.
Quelle tourmente !
Mon esprit était envahi par une avalanche de métaphores. J’étais resté figé trop longtemps, au point que l’animateur m’attrapa en riant pour m’écarter : « Tu disais que Yanyan n’avait pas un bon jeu d’acteur, mais là, j’y ai presque cru ! »
Moi : « ?! »
Qui était en train de réclamer de la romance cliché tout à l'heure, déjà ?!
L’animateur : « Alors, c’est la première fois que Yanyan joue dans une fanfiction sur lui-même, non ? Des impressions ? Vous ressentez un petit coup de cœur ? »
Qui irait jouer sa propre fanfiction pour le fun, sérieusement ?
— Mais en y repensant, même si c’était la première fois qu’on jouait ce genre de scène, notre réalité était parfois encore plus romanesque qu’une fanfiction…
Les caméras étaient toujours braquées sur nous. Je répondis en souriant, tentant d’éluder la question: « Haha, Gu ge a toujours été un excellent acteur, jouer avec lui est un vrai— »
L’animateur me coupa net : « — Comment ? Un coup de cœur au point de vouloir un bisou ?! »
Moi : « ?! Non, je disais— »
Animateur 1 : « Pourquoi veux-tu un bisou ?! Pourquoi veux-tu un bisou ?! ?! »
Animateur 2 : « Oh ? Yanyan veut un bisou ? Parfait, on a justement ici un petit tableau pour un “baiser sécurisé” ! »
Moi : « ??? »
Attendez, ils ne sont pas censés être du Hunan ?! Pourquoi jouent-ils soudainement la comédie comme s’ils sortaient tout droit de Tieling ?!
(NT : suggère que les personnages n’agissent pas en conformité avec leurs origines culturelles ou géographiques attendues, ici qu’ils n’agissent pas comme on attendrait d’animateurs de show télévisé)
Depuis quand ce vieux concept de “baiser sécurisé” est-il revenu à la mode ?! La renaissance des jeux télévisés, c’est ça ?!
Non mais, ils veulent ma mort ou quoi ?!
L’animateur : « Ahem, bon, en réalité, c’est une punition. Votre prestation était parfaite, mais vos répliques de drague n’étaient pas assez exagérées, elles étaient xlixhé sans être transcendantes, et franchement maladroites, donc… »
Moi : « ?! »
Qui fixe ces critères ?! Ce n’était pas prévu dans le script ! Vous êtes prêts à sacrifier ma vie pour l’audience, c’est ça ?!
Gu Yiliang esquissa un sourire en croissant de lune et dit avec une insouciance feinte : « Ah… Bon, d’accord… »
Moi : « ?!»
Qui t’a donné la permission d’accepter ?! Pourquoi tu soupires en souriant comme si ça t’arrangeait bien ?!
Je lui assénai une tape exagérée : « Hé, c’est mon premier baiser à l’écran ! Mon agence ?! Où est mon agence ?! »
Je tentais désespérément de rappeler à tout le monde que nous étions sous contrat.
L’animateur, imperturbable, tendit la plaque en plastique en forme de cœur à Gu Yiliang en plaisantant : « Oh, Yanyan a les joues toutes rouges ! Xiao Gu, tu as un tel pouvoir de séduction ? »
Gu Yiliang haussa les épaules, attrapa la plaque d’une main, et de l’autre, sans même jeter un regard, saisit mon poignet qui s’agitait dans tous les sens : « Que voulez-vous, il est comme ça, il rougit toujours. »
Moi : « ?!»
Je n’eus même pas le temps d’afficher une expression incrédule qu’il posa immédiatement la plaque devant mon visage, agrippa fermement mon poignet et… colla ses lèvres contre les miennes avec une assurance désarmante.
La pellicule plastique était si fine qu’elle en devenait presque inexistante. C’était comme si elle n’était pas là. Ses lèvres douces et familières effleurèrent les miennes, et soudain, le monde perdit ses couleurs.
Tous les spectateurs hilares, les animateurs occupés à lire leurs fiches en plaisantant, les deux autres couples de l’émission soulagés d’avoir échappé à la punition, les fans sûrement en train de hurler devant leurs écrans, les haters dont le cœur devait exploser… Tout cela s’effaça dans un lointain brouillard.
Je ne voyais plus que les yeux intrépides et rieurs de Gu Yiliang.
Je compris que Gu Yiliang n’avait jamais eu peur.
Que ce soit lorsqu’on se faisait repérer en sortant du cinéma, ou à travers nos diverses interactions sur les réseaux sociaux, et maintenant en acceptant sans hésitation cette punition pensée pour créer du buzz… Contrairement à moi, qui cachais mon trouble derrière une façade impassible, lui, il restait serein, comme si c’était tout naturel.
Etait-il juste un excellent acteur, ou bien…
Ou bien était-ce simplement qu’il se disait que même si quelque chose existait entre nous, nous n’avions rien à cacher, rien à dissimuler, et qu’il n’y avait donc aucune raison de se cacher ou d’avoir peur ?
Je ne comprenais pas. Ses yeux recelaient tant de mystères que je n’avais jamais su déchiffrer.
À une exception près : ce sentiment qu’on appelle « l’amour ».
Celui-là, je ne pouvais pas en douter.
Comme on dit, toute extrémité mène à son contraire.
Lorsqu’une émotion atteint son paroxysme, elle finit par s’apaiser.
Comme moi, en cet instant précis.
Ce monde si peu hétéro, cette existence imprégnée de nuances pourpres dignes d’un roman BL, j’en avais percé tous les mystères.
La vie est courte. Tant qu’à faire, autant assumer, autant exposer, autant "être en représentation" jusqu’au bout. J’avais tout compris. J’étais illuminé. J’avais atteint l’éveil.
Je ne voulais plus me voiler la face. J’étais assis en lotus sur mon trône de sagesse, savourant pleinement l’instant.
« Dix secondes écoulées ! » Je m’essuyai la bouche et poussai Gu Yiliang. « Nan ge, Lang ge, (NT : Frère Homme et Frère Loup) arrêtez de rire ! Gardez cette planche, on ne compte pas perdre la prochaine épreuve ! »
Gu Yiliang m’ébouriffa les cheveux en riant : « Oh ? Plein d’entrain, hein. »
Évidemment. Nous étions du 100 % authentique, du garanti dix fois remboursé, alors qu’eux, c’était juste une alliance de circonstance sous les projecteurs. Si on perdait face à ça, autant rompre sur-le-champ.
En clair, c’était un concours de démonstration d’affection ? Très bien ! On allait distribuer du sucre en pagaille ! À volonté ! Sans retenue !
Fans devant vos écrans, réjouissez-vous !
Je brandis mon pichet sacré, prêt à répandre une averse de bénédictions sur tous et toutes !
Et ainsi, lors des épreuves suivantes…
Chaque fois que l’animateur parlait, Gu Yiliang et moi nous regardions en souriant, nos yeux rieurs, nos cils frémissants, nos regards entremêlés.
Pendant le jeu des révélations, nous savions exactement quoi dire, dosant nos confidences avec une parfaite alchimie.
Dans les moments d’attente, nous fumes intarissables en petits gestes : lui passait un bras autour de mes épaules, moi, je lui pinçais discrètement la taille.
Durant les défis, nos corps se frôlèrent sans cesse, nous nous entraidions sans retenue, nous nous épaulions avec tant d’aisance que les deux autres équipes n’avaient plus d’espace pour briller.
Une fois l’épreuve terminée, il m’essuya naturellement la fine pellicule de sueur sur mon front, et je lui tapotai malicieusement le dos de la main en guise de remerciement.
Pendant le jeu des vérités, chaque phrase sembla avoir une signification cachée, chaque sous-entendu était laissé en suspens. Durant les gages, nous étions prêts à tout, sans la moindre gêne.
Quand il fallut que je le porte, je fus bien incapable d’y arriver. À la place, je l’attrapai en "porté princesse" pour sauver la mise. Il en profita pour raconter à tout le monde notre pari précédent et, devant tout le monde, m’appela sans hésiter « Gu Yanzhi ».
Et comme une étincelle attise un feu de joie, le petit chien-loup chanta sur-le-champ un extrait de ‘Ton prénom, mon nom’, tandis que le grand chien-loup, lui, lui faisait des harmonies totalement fausses.
Chaque seconde était optimisée. Chaque image, chaque son vibrait du même message : madame.
Encore un gage. Cette fois, Gu Yiliang devait afficher sa liste de contacts WeChat.
Sous le regard de tous, mon nom apparut en haut de l’écran sous l’intitulé ton petit bébé Wei Yanzhi.
Au milieu de toute une liste de contacts aux noms des plus sérieux, l’appellation sautait aux yeux comme une évidence criante.
L’animateur hurla aussitôt, s’agitant dans tous les sens : « Incroyable, incroyable ! Scandale en direct ! »
Honnêtement, j’étais moi-même sous le choc. Comment ça, ton petit bébé Wei Yanzhi ?! Depuis quand il m’avait mis ce surnom ?!
Avant l’émission, j’avais même pris soin de nettoyer mes propres contacts… Lui, il n’était pas du genre à faire ce genre d’erreur.
Qu’est-ce que ça voulait dire ? C’était une sortie du placard improvisée ?!
Gu Yiliang agita la main en riant : il expliqua qu’il était simplement en train de cosplayer un fanclub coréen.
Puis, d’un ton assuré, il se tourna vers la caméra et profita de l’occasion pour faire une promotion éclaire du groupe en question.
J’étais encore plus abasourdi.
Comment dire… Il avait l’air tellement préparé à ce moment précis.
Donc ce jour-là… Il avait vu que je l’avais suivi sur cette plateforme ?
Et il avait même trouvé le moyen d’en faire une blague récurrente ?!
Ses stratégies étaient infinies…
Le grand chien-loup s’inclina avec respect : « Vous vous donnez trop de mal, tous les deux. »
Le petit chien-loup hocha la tête : « Vraiment. »
Le grand chien-loup fit un geste large du bras : « On déclare forfait. Impossible de rivaliser. »
Le petit chien-loup joignit les mains : « Nous nous inclinons. »
Moi : ? Non mais attendez, vous avez une sacrée dynamique vous deux, non ? Vous vous relancez comme si vous étiez faits pour être ensemble.
Le grand chien-loup posa une main sur l’épaule de Gu Yiliang : « Gu ge, j’ai une proposition. Et si on échangeait nos partenaires pour cette manche ? Laisse-moi Yanyan, et toi, tu prends cette andouille. Sinon, franchement, je ne peux plus le gérer. »
Le petit chien-loup haussa un sourcil, ouvrit grand les yeux et, une main sur le cœur, pointa l’autre du doigt en tremblant : « Toi… toi, toi, toi— ! »
Gu Yiliang rit, me tira derrière lui et déclara : « Pas question. Yanyan est à moi. »
Au fond de moi, un petit cri de joie résonna.
À l’extérieur, je lui lançai un regard en coin et lui roulai des yeux. Puis, je pris la guitare que l’animateur me tendait et la lui mis entre les mains : « Allez, allez, arrête de perdre du temps. Apprends vite ! »
814.
Le temps fut limité à quinze minutes : la grande héroïne dut apprendre au grand héros, maladroit de son corps, à danser une danse folklorique ; le petit chien-loup enseigna le chant au grand chien-loup, qui chantait faux ; et moi, je dus apprendre la guitare à Gu Yiliang, qui n’avait aucune notion de solfège.
— Il était vraiment difficile de dire quel groupe avait la tâche la plus ardue.
Les deux autres groupes s’activèrent rapidement : le BGCP, sous l’impulsion du présentateur, se toucha la taille et se serra dans les bras ; le BLCP, quant à lui, sous l’influence du présentateur, se transforma en un duo de chant romantique, libérant une pluie de bulles roses.
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Je m’exclamai : « Tu tiens ta guitare comme ça, toi ? On dirait que tu tiens un pipa ! »
Gu Yiliang changea de position.
Je le corrigeai : « Là, c’est un pipa à l’envers… Non mais sérieusement, tu veux t’envoler ou quoi ?»
Il changea encore de position.
Je fronçai les sourcils : « Tu l’as prise à l’envers, mets la main gauche sur les accords ! »
Il ne bougea pas.
Je me rapprochai et bidouillai la guitare dans ses bras, l’aidant à la positionner correctement. Puis je lui pris la main et la plaçai sur les cordes : « Tu n’as jamais joué de guitare, mais tu as déjà vu quelqu’un en jouer, non— »
Je m’arrêtai brusquement et le fixai : « …Tu le fais exprès, c’est ça ? »
Il ricana doucement à mon oreille et fit glisser ses doigts le long de mon bras.
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L’animateur, qui gardait un œil partout, ricana : « Xiao Gu, on t’a demandé d’apprendre à jouer de la guitare avec Yanyan, pas d’apprendre à jouer de lui. Qu’est-ce que vous faites là ? »
Gu Yiliang répondit en souriant : « On parle d’amour. »
Je rectifiai immédiatement : « On joue de la guitare ! »
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Je lui demandai : « Tu sais comment positionner tes doigts sur les accords ? »
Il secoua la tête : « Je ne sais pas. »
« Tu sais gratter ou balayer les cordes ? »
« Je ne sais pas. »
Je tendis la main : « Allez, donne-moi la guitare, je vais te montrer. »
Je jouai quelques notes, puis levai les yeux vers lui : « Maintenant, tu comprends ? »
Il répondit en toute innocence : « Pas du tout. »
Je le fixai en silence.
Puis je soupirai : « Bon, tiens bien ta guitare… Voilà, mets ton index ici, déplace ton majeur d’un cran vers le bas… »
Il battit des cils : « Je ne comprends rien. »
« … »
« Très bien. Mets-toi en position, garde tes mains comme ça— » Je finis par m’agenouiller devant lui, prenant ses doigts un par un pour les placer correctement, puis je guidai sa main pour qu’il gratte les cordes. « Voilà, ça, c’est un Fa mineur— »
Il pinça mon bout de doigt en riant : « Fm7, non (NT : accord de Fa mineur septième)? Doigté T132 (NT : position des doigts) ? Tu veux m’apprendre à jouer ‘Embrace’ ? »
Je restai figé.
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Alors là… Quel sacré petit malin !
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Je le menaçai à voix basse : « Tu sais jouer de la guitare, hein ? Tu as trompé la production ! C’est de la triche ! Je vais te dénoncer ! Je vais dire à la maîtresse ! »
Il prit un air innocent : « Mais non, je te jure que non… J’ai juste regardé un tuto en ligne une fois, j’ai une vague idée. »
Je l’interrogeai : « Ah ouais ? Mais pourquoi as-tu regardé un tuto sur la guitare ? »
Il resta silencieux.
Je plissai les yeux : « …Oh. Tu voulais… »
Il détourna le regard : « …C’est juste que c’est un morceau basique. »
Mon sourire s’élargit, je n’arrivai pas à le retenir : « Ok, ok, je ne dis plus rien. Allez, apprends vite ! »
On avait un porridge à manger après l’émission, quand même.
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Cette chanson était vraiment simple : quatre accords, deux tempos, un seul jeu de cordes en balayage, et c’était fini. Je lui griffonnai une tablature sur un bout de papier, puis je lui fis une démonstration. Il réussit tant bien que mal à la rejouer, enchaînant les fausses notes et les accords étouffés, mais il y arriva quand même.
Peu importait ce qu’il jouait, ce qui comptait, c’était son expression concentrée lorsqu’il baissait les yeux sur la guitare. Il n’y avait pas de mots pour décrire à quel point c’était plaisant à regarder.
Heureusement que je lui avais appris cette chanson ici, en plein tournage. S’il l’avait apprise en cachette pour me la jouer en surprise, j’aurais eu une crise cardiaque sous l’effet du charme.
Il jeta un coup d’œil aux autres groupes qui progressaient bien, puis gratta mollement les cordes en soupirant : « Jouer de la guitare, c’est dur… »
Je l’encourageai : « Tu apprends super vite ! Il reste encore du temps, entraîne-toi encore deux fois, et si on perd, bah… Tant pis. De toute façon, la punition, c’est — »
Son regard s’illumina.
Je le coupai net : « Tu n’as pas intérêt à perdre exprès ! Pas question ! »
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Je devais admettre que voir un grand héros raide comme un piquet tenter une danse collée-serrée avec une héroïne souple et élégante était vraiment hilarant. Elle glissait autour de lui, insaisissable, tandis qu’il agitait les mains dans le vide, incapable de l’attraper. On aurait dit un épisode de Tom et Jerry.
Quant aux deux chien-loups, leur duo fut tout aussi spectaculaire. C’était censé être une chanson d’amour, mais ils la transformèrent en une version de Sha Jia Bang! (NT : opéra révolutionnaire racontant l'histoire de la résistance des partisans chinois contre les envahisseurs japonais)
Le grand chien-loup avait manifestement une vision très… personnelle du chant, et des techniques vocales très spéciales. Le petit chien-loup se donna à fond pour le ramener sur la bonne tonalité, mais en vain. Dès la dernière note, il se jeta sur lui en le frappant de petits poings rageurs, déclenchant des hurlements surexcités parmi les spectatrices.
Avec une telle concurrence, Gu Yiliang ne pouvait pas se défiler. Je le regardai avec l’ardent espoir qu’il brille, et lui tapai sur l’épaule.
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L’animateur s’exclama : « Oh ? Yanyan va aussi participer à la performance ? »
Je le regardai, perplexe : « ? »
(Insérez ici un mème de Jackie Chan confus.jpg)
Il insista : « Bien sûr que tu dois chanter aussi ! Vous êtes une équipe, une team ! Esprit d’équipe, tu connais ? »
Je réfléchis : « Alors je… je fais la danse d’accompagnement ? Vous avez un éventail ou un accessoire pour moi ? Sinon, je peux faire la danse du paon ? Une danse folklorique ? »
L’animateur me fixa, abasourdi.
Puis il éclata de rire : « Yanyan, tu n’as vraiment aucune prétention de star, hein ! »
Il reprit : « Bien sûr que tu dois chanter ! Allez, regarde, même grand chien-loup s’est jeté à l’eau, alors courage, tourne-toi vers le public— »
Mais… J’avais promis à Gu Yiliang que je ne chanterais que pour lui…
Je levai les yeux. Il me regardait d’un air contrarié.
Je soupirai intérieurement. Briser une promesse à son amoureux, ce n’était pas digne d’un héros…
Alors je cédai : « Bon, d’accord. »
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Je poussai en soufflant un petit tabouret jusqu’à Gu Yiliang et m’installai dessus, à moitié assis de côté. Je tournai la tête vers lui : « Commence, commence. »
Il resta un instant interdit, puis esquissa un sourire et entama le prélude.
Les faits prouvèrent qu’il était impossible d’apprendre correctement une chanson à la guitare en quinze minutes. Gu Yiliang ne regarda même pas la partition, il gratta les cordes au hasard d’une main, tandis que l’autre semblait inventer de nouveaux accords. Seul le rythme était à peu près correct.
C’était une véritable épreuve… Comme si on te faisait écouter l’hymne national en guise d’accompagnement et qu’on t’obligeait à chanter La Concubine enivrée par-dessus.
Je coupai mentalement toute connexion avec son accompagnement, me convainquant que je ne faisais que chanter pour lui, a cappella.
Faisant semblant de le guider, j’esquissai quelques gestes inutiles, comme si je le corrigeais. Je fronçai légèrement les sourcils et gardai mon regard fixé sur lui avec une assurance feinte.
Son sourire s’agrandit peu à peu. Ses accords improvisés devinrent d’une douceur infinie, et il planta lui aussi ses yeux dans les miens.
824.
« Celui qui m'aime, me tient fermement la main, me serre dans ses bras, m'embrasse, oh - amour, ne pars pas. »
825.
Il me sembla entendre le petit chien-loup me féliciter sur mon chant. Il me sembla aussi que le grand chien-loup louait notre harmonie. Peut-être que l’animateur complimentait Gu Yiliang sur sa rapidité d’apprentissage ? Ou bien que les acteurs principaux évoquaient leur prochaine collaboration à l’écran ?
Tout cela me parvint comme un bourdonnement indistinct.
Dans mon champ de vision, il n’y avait que Gu Yiliang, qui, après avoir gratté la dernière note, tourna légèrement la tête pour éviter la caméra. Un sourire aux lèvres, il forma silencieusement les mots : « Je ne pars pas. »
Traduction: Darkia1030
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