ISMM - Chapitre 36 – Es-tu toxique ?
De l’entrée de l’hôtel à l’ascenseur, puis de l’ascenseur à la chambre de Gu Yiliang, il y avait moins de cent mètres au total, mais j’avais l’impression d’avoir parcouru la Longue Marche.
(NT : Référence à la retraite militaire stratégique entreprise par l'Armée rouge chinoise, dirigée par le Parti communiste chinois (PCC), pour échapper à l'armée du Kuomintang (le gouvernement nationaliste chinois), marquant le début de l'ascension de Mao Zedong au pouvoir.)
D’abord, je dus lui couvrir entièrement le visage avec un masque pour nous éviter d’être repérés par des paparazzis ou des fans obsessionnels qui pouvaient surgir à tout moment.
Ensuite, je dus pratiquement le porter à moitié pour l’empêcher de s’écrouler et de prendre racine au sol.
Enfin, je dus m’agripper fermement à ses vêtements et à son pantalon, car dès qu’il voyait les portes de l’ascenseur s’ouvrir et se fermer, il tentait immédiatement de retirer ses habits à une vitesse fulgurante.
Cette rapidité… Il n’y avait pas à dire, il méritait vraiment son rang de joueur haut niveau à plus de 5000 points sur Dota. Pendant un instant, j’avais presque aperçu son arme, vous voyez ? «Capitaine, ne tirez pas, c’est moi ! »
Dans l’ascenseur, il voulait retirer ses vêtements et son pantalon, je refusais qu’il le fasse, mais lui insistait… Si une photo de cette scène était prise, le monde du divertissement exploserait demain. Nous partirions tous les deux vers l'ouest (NT : façon poétique de parler de la mort), main dans la main, nos corps ne laissant aucune trace.
Quand j’eus enfin réussi à le transporter, entier et indemne, jusqu’à la porte de sa chambre, je poussai un long soupir de soulagement.
C’est alors qu’il tapota sa poche, tourna la tête vers moi, le regard perdu : « … Où est ma carte de chambre ? »
Je ravalai mon soupir. Comment pourrais-je savoir où était sa carte ?!
Le voyant se tapoter de partout tout en vacillant dangereusement, je me précipitai pour le plaquer contre le mur, lui faisant poser les mains à plat, et commençai à fouiller ses poches à la recherche de la carte.
Derrière nous, la porte de la chambre d’en face s’ouvrit brusquement… avant de se refermer aussitôt.
Un instant plus tard, elle se rouvrit. L'acteur principal, passa la tête, nous observa quelques secondes, puis poussa un soupir de soulagement : « Ah, c’est vous ! J’ai cru que c’était un raid anti-prostitution. »
Moi : … ? Venais-je d’apprendre quelque chose de compromettant ?
Je lui dis : « Frère, tu peux appeler la réception pour moi ? Gu ge est complètement ivre et il ne trouve pas sa carte… »
Il répondit : « Dans cet état, tu ne vas pas le laisser dormir seul, si ? Imagine qu’il vomisse partout en pleine nuit, qui va nettoyer ? Toi, tu n’es pas trop ivre, tu devrais le surveiller. »
…
Pardon ? Qui a dit que je n’étais pas ivre ? J’avais autant bu que lui, d’accord ?
Certes, grâce à l’entraînement intensif de Lao Huang, je tenais mieux l’alcool que la moyenne, mais je marchais toujours en ligne courbe.
Seulement, puisque Gu Yiliang était déjà dans cet état, je n’avais pas le droit de me permettre d’être saoul.
Et s’il lui arrivait quelque chose ? Ne serais-je pas veuf ?!
De plus, il était actuellement dans une phase il sortirait une arme s'il n'était pas d'accord avec quelque chose! Comment pourrais-je partager une chambre avec lui dans cet état ?!
Comment un ivrogne comme moi pouvait-il s’occuper d’un autre ivrogne ? J’avais peur qu’un moment d’égarement me pousse à un duel au corps à corps avec lui !
Alors que toutes ces pensées défilaient dans ma tête comme un mur de commentaires, Gu Yiliang était déjà en train de se brosser les dents dans la salle de bain de ma chambre, prêt à prendre une douche.
Je me mis à tourner en rond devant la porte, me demandant si je devais y entrer et jouer une scène du genre : « Oh là là, je suis ivre, oh non, le sol est glissant, ah ! Je tombe, et hop, dans tes bras ! »
Mais mon manque de talent d’acteur me retint de tenter le coup.
Un moi ivre, coincé avec mon béguin complètement saoul dans la même pièce… Mathématiquement, combien de scénarios possibles cela pouvait-il engendrer ?
Qu’étais-je censé faire ?! Comment réagir ?! Rien dans les fanfictions ne préparait à ça !
— Les fanfictions !
Je tressaillis et sortis mon téléphone pour chercher sur Lofter "#Mon amour#Ivre".
Tout en consultant les résultats, je toquai à la porte de la salle de bain et déclarai sérieusement : « Je suis juste dehors, si tu as besoin de quelque chose, appelle-moi. »
De l’intérieur, une voix endormie répondit : « Hm. »
650.5
[Extrait des notes de Gu Yiliang – 2]
Trop bien joué l’ivresse, maintenant je suis dans sa chambre.
Rouge et blanc mélangés, ça monte vraiment à la tête. J’ai vomi, c’est vrai, mais j’ai encore toute ma lucidité.
Pourquoi j’arrive pas à bien taper sur ce clavier ?
J’ai fait trop de fautes, peut-être que je suis vraiment un tout petit peu ivre.
Donc je suis ivre.
Pourquoi dans toutes les fanfictions, Gu Yiliang est-il décrit comme un monstre d’endurance face à l’alcool alors que moi, je suis celui qui s’effondre à chaque fois ?!
Mes sœurs d’armes, mes proches, c’est faux, complètement faux !
Alors que je scrollais frénétiquement les chapitres, un bruit sourd retentit dans la salle de bain, suivi d’un gémissement étouffé.
Il ne venait pas de tomber, quand même ?!
Je lâchai immédiatement mon téléphone et ouvris la porte : « Gu— »
Gu Yiliang se tenait torse nu sous la douche, un pantalon trempé jusqu’aux chevilles.
Les yeux légèrement rougis, il me fixa, interdit, son téléphone toujours en main.
Qu’est-ce qu’il fabriquait ? Il voulait prendre une douche avec son téléphone ?
Par réflexe, je jetai un œil à son écran.
Aussitôt, il le cacha dans son dos…
Derrière lui, l’eau coulait toujours à flot.
Je vis son téléphone s’éteindre sous mes yeux.
… L’alcool nuit gravement à l’intelligence.
Je demandai : « Tu t’es cogné quelque part ? »
Il garda le silence un instant, puis répondit avec une moue boudeuse : « … Je suis trop grand, j’ai heurté le pommeau de douche. »
Moi : « … »
Pardon ! C’est ma faute ! C’est moi qui ne suis pas assez grand ! J’ai mis le pommeau trop bas !
J’étais dans un état de confusion totale, ne sachant si c’était à cause de l’alcool ou de la tristesse que je ressentais pour lui. J’avais presque envie de m’évanouir, comme une concubine ivre, et me laisser tomber dans ses bras —
Mais…
Prendre une douche avec un téléphone en portant des pantalons, se cogner contre le pommeau de douche et finir par rendre le téléphone inutilisable…
À ce stade, il devait probablement même ne plus savoir qui j’étais. Si quelque chose devait se passer dans cet état, cela n’aurait plus aucune signification, n’est-ce pas ? Je ferais mieux de ne pas avoir de pensées déplacées à son égard.
Profiter de la faiblesse de quelqu’un n’est pas bien !
Je me forçai à me raisonner et, maintenant, je me sentais aussi droit que des rayons laser !
Je retroussai mes manches, arrachai son téléphone des mains et le posai de côté, puis décrochai le pommeau de douche. Je lui fis un signe de menton et, avec une assurance à toute épreuve, je lui ordonnai : « Enlève ton pantalon. »
Oh ! Cette réplique était vraiment trop… trop dominante ! Je ne m’étais jamais imaginé que moi, Wei Yanzi, je pourrais un jour dire une telle phrase à Gu Yiliang !
Mais à peine mon attitude dominante eut-elle eu le temps de se manifester que quelqu’un se jeta sur moi, me poussant contre le mur. Le pommeau de douche fut projeté au sol sous l'impact, et de l’eau jaillit partout.
J’étais sur le point de frapper l’arrière de ma tête contre le mur quand deux mains se tendirent pour amortir le choc, produisant un bruit sourd.
Dans un état de panique, je saisis son poignet : « Tu vas bien, ta main ?! »
Gu Yiliang ne répondit pas. Comme un ours contre un arbre, il se frottait contre moi, un objet dur me pressant contre le ventre.
Mais les ivrognes ne sont-ils pas censés ne pas être capables de… ?! Comment se fait-il qu’il soit aussi doué ?!
Je venais tout juste de me convaincre…
Ne serait-il pas en train de me prendre pour quelqu’un d’autre ?
Je grimaçai et le poussai : « T'es en train de faire quoi ? Tester du poison sur moi avec une aiguille ?! »
Il me regarda, l'air confus : « Ton (bip-)… est toxique ? » (NT : le texte original est censuré par l’auteur)
Moi : « … »
Comment se faisait-il que, bien qu'il soit complètement ivre et ne reconnaisse même plus les gens, il soit toujours aussi têtu et implacable ?
Ses yeux, voilés par l’alcool et baignés dans la chaleur de la vapeur, me fixaient intensément. J'avais l'impression de me faire dévorer du regard. Mon corps se tordait comme une poupée gonflable de supermarché, mais il me maintenait fermement de ses bras.
Cette situation était en train de dérailler, sans même savoir où ça allait nous mener, et je n'étais absolument pas préparé !
Franchement, si c'était quelqu'un d'autre dans cette situation, peut-être que ce serait déjà fini. Mais je ne voulais pas coucher avec lui sous l’effet de l’alcool !
On pourrait peut-être se poser, boire un verre et discuter calmement avant d'aller plus loin, non ? Il devait probablement ne même pas savoir qui j’étais, là, tout de suite !
Et puis, je n’avais pas un cul automatique qui fonctionne comme une machine à laver à tambour rotatif avec nettoyage intégré et fonctionnalité de jet d’eau !
Mon esprit était en train de se perdre dans un tourbillon confus, et lui continuait de frotter doucement contre moi, murmurant : « … Ça va, non ? »
Moi : « … »
D'accord, tout ce tumulte dans mon esprit se calma soudainement sous le ton doux de ses paroles.
Après tout, j’étais aussi ivre !
Je pris une grande inspiration, secouai mes mains et commençai à lui défaire son pantalon, baissant les yeux pour regarder son —
— Adieu ! Moi, Wei Yanzi, pars en avant, mon chemin est long et ardu, mais je te souhaite de prendre soin de toi !
Je n’ai pas un cul tout souple comme de la terre, et s’il frappe si fort avec ce bâton, je risque de m’évanouir dans l’instant !
La moitié de l'alcool avait quitté mon corps, je n'avais devant moi que de l'obscurité. Tremblant, je lui remontai son pantalon, fermant la fermeture éclair, le boutonnant, et lissant les plis de son pantalon.
Il cligna des yeux et tourna légèrement la tête, avec un air de confusion : « … Yanyan ? »
?
— Bonjour ! Moi, Wei Yanzi, suis de retour !
La différence de force était évidente, et sa main autour de moi était désormais impossible à retirer. Je tirai sur ses cheveux, le forçant à relever légèrement la tête : « … Tu m'as appelé comment ? »
Il eut un air encore plus perdu, hésitant un instant avant de dire : « … Alors, Xiao, Xiao Wei ? »
Xiao, mon oeil !
Mon cœur sembla se fissurer, libérant une douce chaleur qui se répandit en moi, bien plus douce que n’importe quelle sucrerie que j’ai jamais mangé.
Est-ce que… Notre progrès... 99 % ?
Les coins de mes lèvres semblaient avoir leur propre volonté, montant d'elles-mêmes. Je tirai doucement sur son visage : « Tu sais vraiment qui je suis ? »
« … Pourquoi je ne te reconnaîtrais pas ? » Sa voix était basse, « Je suis ivre, pas idiot… »
Moi : « … Alors celui qui a mis son téléphone sous le pommeau de douche, c'était qui ? »
Lui : « … »
Il mordilla ses lèvres et tira doucement sur mon pantalon.
Je m'arrêtai un instant, une alarme retentit dans ma tête. Non, j'étais content, mais j’avais toujours peur de disparaître dans la poussière !
Que faire, que faire, que faire —
Est-ce que ça allait à l'encontre de ce qu'on m'avait dit ?
Disons que ce n’est pas un bon moment ?
Disons que c’est un présage mauvais ?
J’étais en pleine panique, cherchant une solution pour m’échapper, mais lui, au lieu de ça, baissa les yeux et murmura doucement : « … Ne fais pas ça, je n’ai pas l’équipement, ça pourrait te faire mal. »
Moi : « … »
Qu'est-ce que tu appelles de l'équipement ? Je vais sortir chercher un monstre sauvage et voir s'il en tombe ?
Mais la façon dont il disait ça, son ton, ses paroles… C’était tellement attirant. Un instant, j’ai presque eu envie de courir à la porte pour aller chercher un monstre.
Je perdais mes pensées, me demandant où je pourrais bien trouver un monstre, quel genre de niveau il devrait avoir, et si je pouvais le battre. Mais tout à coup, Gu Yiliang se pencha si près de moi que ses lèvres étaient à moins de 1 cm des miennes, et sa chaleur effleura mon visage.
Je fus pris d’une chaleur soudaine, et mes doigts se mirent à caresser son dos, sans vraiment savoir pourquoi.
Il demanda : « … Puis-je t'embrasser ? »
Mon Dieu ! Je vais chercher un monstre maintenant ! Prépare-toi à mourir, monstre !
Je répondis : « … Oui. »
Il m'embrassa.
Peu importe si je disparais en poussière et fumée ! Dix mille ans, c'est trop long, je veux vivre pleinement l'instant présent.
Traduction: Darkia1030
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