Little mushroom - Chapitre 8 – N’oublie pas de m’acheter un téléphone portable !

 

Après avoir parlé, An Zhe ne se préoccupa plus de lui et continua à marcher droit devant lui.

Il n'entendit aucun bruit de pas derrière lui pendant un temps, jusqu'à ce qu'il utilise sa carte d'identité pour ouvrir la porte de la chambre. Qiao Xi se précipita alors dans cette direction et lui attrapa l'épaule en disant : « Es-tu vraiment An Ze ? Mais tu... »

An Zhe prit les résultats des tests génétiques empilés sur la table puis les tendit à Qiao Xi.

Ce dernier demanda : « Qu'est-ce que c'est... »

An Zhe baissa la tête et découvrit que le papier le plus à l'extérieur portait la phrase "Opposition aux actes des juges !".

Il retira lentement ce papier. Qiao Xi regarda le rapport.

« Tu... » Il le parcourut rapidement, puis leva les yeux vers An Zhe. « Tu es vraiment sorti des Abysses ? »

« J'ai été sauvé par quelqu'un. » précisa An Zhe. « Le reste, j'ai oublié. »

Qiao Xi contracta la main qui tenait le rapport génétique, puis esquissa un sourire en coin en le regardant. « Je... je suis tellement excité, je ne pensais pas que tu en reviendrais ! »

Il posa le rapport génétique sur la table, et se pencha vers An Zhe, même les muscles de ses sourcils semblaient trembler légèrement, avec une expression d'excitation. « Qu’as-tu oublié ? »

An Zhe recula d'un pas.

« Tout oublié. » répondit-il. « S'il te plaît, ne perturbe pas ma vie. »

« Tu ne te souviens même pas de qui je suis ? » La voix de Qiao Xi devint un peu plus basse. « Nous avons grandi ensemble. »

« Merci. » dit An Zhe. « Peux-tu partir maintenant ? »

« Je... » Qiao Xi en face n'avait clairement pas prévu qu'il le traiterait ainsi, il resta perplexe un instant, puis dit : « Tu n'étais pas comme ça avant. »

Mais après un moment, son attitude s'adoucit à nouveau. « Je ne te dérangerai pas plus, repose-toi bien. Je viendrai te voir demain. Je suis tellement heureux. An Ze, nous sommes les personnes les plus proches au monde ! »

An Zhe resta silencieux, sans répondre, jusqu'à ce que Qiao Xi se retourne pour partir et ferme doucement la porte derrière lui.

An Zhe trouvait irréaliste que Qiao Xi le laisse partir si facilement, mais c'était peut-être aussi parce que Qiao Xi se sentait trop coupable pour rester.

La chambre redevint silencieuse, An Zhe se coucha lentement sur le lit, tenant l'oreiller. Il ressentit une sorte de malaise, semblable à de la brume légère. Ce malaise n'était pas pour lui-même, mais pour An Ze.

L'accord entre les humains semblait être très fragile. Qiao Xi ne serait peut-être plus la personne la plus proche d'An Ze. Une fois qu'An Zhe aurait récupéré sa spore, il retournerait dans les Abysses, retrouverait cette grotte tranquille et s'ancrerait aux côtés des os blancs d'An Ze, passant le reste de sa vie en tant que champignon.

... Sa spore.



À travers la fenêtre, la nuit était profonde, les aurores boréales se déployaient comme d'habitude dans le ciel sombre. An Zhe s’assit à la table, éclairé par une lampe de bureau.

Tout d'abord, il devait trouver un emploi pour éviter de mourir de faim. Et dans le même temps, il devait rechercher des informations sur sa spore, le seul indice étant la douille en laiton.

En y pensant, An Zhe tâtonna anxieusement dans sa poche. Il avait toujours peur de perdre cette chose. Heureusement, elle était toujours là. Les champignons pouvaient la cacher dans leur corps, mais les humains ne le pouvaient pas, car elle était trop petite, et pouvait glisser hors de sa poche à tout moment.

Finalement, An Zhe trouva un petit cordon en cuir noir dans le tiroir de la chambre et y accrocha la douille.

Il y avait aussi une petite machine noire dans le tiroir. Il l'examina attentivement pour en discerner les détails extérieurs, et finit par trouver des informations dans sa mémoire. Il s'agissait d'un communicateur, chaque numéro d'identification était également un numéro de communication. Les humains utilisaient les communicateurs pour communiquer à distance, mais uniquement à l'intérieur de la base, car il n'y avait pas de signal à l'extérieur.

Il chargea le communicateur en pensant que, même s'il n'en avait pas besoin, le simple fait de l'avoir chargé semblait procurer une grande satisfaction aux humains.

Une fois ces tâches accomplies, il put enfin se concentrer et examiner le bureau.

Dans le cahier posé sur le bureau, il trouva des essaies d'An Ze, tous soigneusement écrits. Près du mur se trouvaient une vingtaine de livres, probablement ceux qu'An Ze aimait lire autrefois. An Zhe parcourut les titres des livres sur les tranches et prit un livre à la couverture grise et austère, intitulé "Manuel de la Base".

Il l'ouvrit, mais la première page ne contenait qu'une phrase.

"L'intérêt de l'humanité prime sur tout."

An Zhe pressa instinctivement ses lèvres et continua de feuilleter. La deuxième page était la table des matières. Le manuel était divisé en quatre parties : les lois de la base, les règles de vie de la base, une introduction aux zones fonctionnelles et des cartes.

An Zhe sauta la section des lois, sachant qu'il était un champignon docile qui ne violerait pas les lois de l'espèce.

La section sur les règles de vie expliquait en détail les horaires de la zone résidentielle. Chaque jour, l'alimentation, l'eau et l'électricité étaient disponibles pendant une heure, à partir de 6 heures du matin, puis à midi, et enfin le dîner commençait à 18 heures, avec une alimentation électrique légèrement plus longue jusqu'à 21 heures. Chaque zone résidentielle avait une grande tour d'alarme, et les alarmes étaient de trois types : "rassemblement", "évacuation" et "abri d'urgence". Les résidents de la base devaient respecter les règles de vie et suivre les indications des tours d'alarme. En dehors de ces règles, les gens étaient libres de gérer leur propre vie.

À ce stade, An Zhe fut légèrement perplexe, car il pensa que, sous de telles règles, il suffirait à tout le monde de rester dans leur chambre, de manger et de boire à heure fixe. Cependant, il réalisa rapidement le but de la base.

Bien que chacun puisse vivre librement, la vie à la base avait un coût, il fallait payer. Pour obtenir la monnaie en circulation à la base, les gens devaient trouver du travail à l'extérieur ou devenir mercenaires, collectant des ressources précieuses à l'extérieur pour les remettre à la base en échange de récompenses.

Cependant... cela signifiait que tout le monde pourrait aller dans les zones les moins dangereuses à l'extérieur, ramasser n'importe quoi, juste pour s'assurer de manger et de boire.

An Zhe continua à parcourir le manuel, passant à la section suivante : l'introduction aux zones fonctionnelles.



Dans cette section, la première zone qui apparaissait s’appelait la "Station d'Approvisionnement". La Station d'Approvisionnement était divisée en parties 1, 2 et 3.

Les numéros 1 et 2, étant la propriété de l'armée, étaient situés à l'entrée et à la sortie de la base ; elles étaient responsables de la vérification, de l'échange de devises et de matériel militaire. Chaque fois qu'une équipe de mercenaires revenait du terrain, le personnel de la Station d'Approvisionnement calculait les ressources qu'ils avaient collectés en monnaie et les leur remettait. Les armes létales et les véhicules blindés étaientt confisqués, n’étant pas autorisés à être introduits dans la ville, à moins que l'équipe de mercenaires ne les réclame à leur prochain départ. Les équipes de mercenaires utilisaient la monnaie pour acheter des armes à feu, des munitions, des armures, du carburant, etc., et pouvaient même acheter différents modèles de véhicules blindés.

Contrairement aux deux premières stations d'approvisionnement, la Station d'Approvisionnement numéro 3 était située à l'intérieur de la ville. Elle gérait l'échange de biens civils et permettait d'acheter des produits de consommation, de la nourriture, des ingrédients, de l'alcool, des produits électroniques, etc., avec la monnaie de la base. Il était également possible de négocier des transactions immobilières à la Station d'Approvisionnement.

De l'autre côté de la Station d'Approvisionnement numéro 3 se trouvait le "Marché Libre". Parfois, les ressources récupérées par les équipes de mercenaires dans les sites humains n’étaient pas ce que l'armée recherchait. Dans ce cas, ils pouvaient ramener en toute sécurité des articles vérifiés dans la ville pour les vendre ou les échanger sur le marché libre.

À ce stade, An Zhe remarqua une petite note en bas de la page.

Note : Le Marché Libre n'est pas une installation officielle de la base, toutes les actions y sont de la responsabilité individuelle.

Note 2 : Les contrats et les relations d'emploi établis par le biais du Marché Libre ne sont pas protégés par les lois de la base, toutes les conséquences sont de la responsabilité individuelle.

Parmi tout cela, An Zhe nota particulièrement le mot "emploi".

Cela signifiait que le Marché Libre était également un endroit où l'on pouvait trouver un emploi.

Il continua à lire et arriva à la section suivante : les présentations des différentes zones résidentielles. Les zones résidentielles densément peuplées étaient les zones 6 et 7, les autres zones avaient très peu de population, des bâtiments étaient vacants, et la zone 8 était un abri de secours central avec des installations de sécurité complètes.

Ensuite, il y avait une présentation de la Cour de Justice.

An Zhe se souvint du Colonel Juge avec ses yeux verts froids et ralentit sa lecture.

La Cour de Justice ne se contentait pas de distinguer les espèces à la porte de la ville. Elle effectuait également des patrouilles quotidiennes dans les zones à forte densité de population de la ville, effectuant une deuxième vérification pour éliminer les dangers potentiels. Les principaux points de patrouille étaient autour des Stations d'Approvisionnement, mais elles effectuaient également des vérifications aléatoires dans les immeubles résidentiels, en particulier pour les personnes dont le comportement était anormal ou celles qui étaient signalées.

De manière impromptue, An Zhe se souvint de la phrase « Tu ferais bien d’être humain. ».

Si possible, An Zhe espérait que Lu Feng resterait toujours à la porte de la ville, de sorte que les juges n'auraient pas besoin de venir dans les immeubles résidentiels.

Il continua à lire mais les autres zones n'avaient pas beaucoup d'importance pour lui, comme le Bureau de la Ville, le Bureau de Défense de la Ville, la Ville Principale, etc. Il était mentionné que la base était composée de la Ville Extérieure, également appelée Ville Fortifiée, et de la Ville Principale, qui abritait des installations de recherche et de défense importantes, ainsi que le centre de production d'énergie et le centre politique. Toutes personnes étaient interdites d'entrée sauf celles détenant un permis spécial ou une carte de résident.

Après avoir consulté la carte de la base, An Zhe referma le livre. Une fois de plus, il réalisa que les humains étaient une espèce bien différente des champignons.

Il ouvrit le deuxième livre intitulé "Manuel d'Évaluation de la Station d'Approvisionnement". Dès qu'il vit la couverture du livre, des souvenirs associés affluèrent dans son esprit, plus clairs que les autres. An Zhe pensa que pour An Ze, se rendre à la Station d'Approvisionnement était une chose très importante.

Alors, pourquoi avait-il accepté de partir avec Qiao Xi et de s'aventurer dans la nature ?

Il y réfléchit longuement et finit par se dire qu'An Ze était tout simplement un être humain.

An Ze avait manqué l'examen d'entrée à la Station d'Approvisionnement. Les évaluations pour y entrer avaient eu lieu il y a quinze jours, un moment où il était déjà devenu un squelette.

Mais ce n'était pas grave, se dit An Zhe. Dans un an, lorsque la Station d'Approvisionnement recruterait à nouveau, s'il était encore en vie dans la base humaine, il irait essayer. De cette façon, une fois de retour dans la grotte, il pourrait raconter à An Ze à quoi cela ressemblait.

La lecture prolongée avait épuisé son énergie, et après avoir essayé de lire deux pages du "Manuel d'Évaluation", An Zhe était sur le point de s'endormir. Finalement, il alla se coucher.

.

Le lendemain matin, pour éviter de rencontrer Qiao Xi, il quitta sa chambre très tôt, à quatre heures du matin, descendit et se rendit à la station de transport pour prendre le train en direction de la Station d'Approvisionnement. Il voulait chercher du travail au Marché Libre de l'autre côté.



Lorsqu'il descendit du train à sept heures du matin, une fine brume flottait dans l'air. Le Marché Libre était un grand bâtiment circulaire avec quatre entrées et sorties, et An Zhe entra par la plus proche.

Dès qu'il franchit la porte, l'odeur de l'alcool chatouilla ses narines.

À l'entrée, quatre longues tables avaient été installées. Des personnes habillées en mercenaires y jouaient à des jeux de boisson, parlaient fort et demandaient régulièrement des verres supplémentaires. Les serveurs remplissaient les verres d'alcool et utilisaient un petit appareil pour lire les cartes d'identité des clients et facturer les boissons.

Un mercenaire à la peau foncée, qui était assis seul en train de boire, le remarqua, leva un sourcil, sourit en coin, et agita son verre en direction d'An Zhe.

Il l’interpella : « Petit, qu'est-ce que tu regardes ? Tu viens apprendre à boire ? »

Une femme aux cheveux courts qui se trouvait à côté de l'homme répliqua immédiatement, utilisant son coude pour donner un coup dans la poitrine de l'homme. Sa voix était rauque, mais débordante de joie.

Elle lui fit remarquer : « Article 32, les mineurs ne peuvent pas boire. »

L'homme répliqua : « Eh bien, il peut boire quand même. Tu crois qu'un juge va venir nous arrêter ? »

La femme se mit à rire aux éclats : « Les gamins mineurs ne savent pas encore à quel point les juges sont redoutables. »

« Il le saura bientôt. »

An Zhe se tenait à côté d'eux, voulant leur dire qu'il n'était pas mineur. Cependant, dans l'intervalle où il pensa à ces mots, les deux autres se pressèrent l'un contre l'autre, lèvres contre lèvres, enroulés l'un autour de l'autre. Il se rendit compte que personne ne s'en souciait vraiment.

Il détourna son regard de là et jeta un coup d'œil ailleurs.

À droite de l'entrée, il y avait une odeur de soupe de pommes de terre qui flottait dans l'air, bien plus riche en saveur que la soupe de pommes de terre servie au premier étage de son immeuble. Cette soupe était mélangée à une agréable odeur de viande, de quoi éveiller l'appétit.

L'odeur fit naître une légère faim en An Zhe, qui n'avait pas pris de petit déjeuner.

Plus loin, la scène se répétait : une ambiance animée, des tables longues servant à vendre de la nourriture et de l'alcool, ainsi que de nombreux stands vendant des vêtements, des sacs à dos, des gants, et d'autres articles. Plus il avançait, plus les stands vendant des articles fixes devenaient rares, et certains stands proposaient toutes sortes d'objets étranges qu'An Zhe ne parvint pas à identifier.

Un jeune homme en noir qui portait un sac à dos s'avança vers An Zhe. Il avait un physique assez maigre, des yeux étroits, et il les fit rapidement rouler dans leurs orbites tout en sortant un petit rectangle noir qu'il agita devant An Zhe.

Il dit : « Un tout nouveau smartphone intelligent déterré des ruines de la Ville Abandonnée 511. Il suffit de le charger pour qu'il fonctionne. Et je te le vends à 10 % de réduction, avec un câble de charge gratuit. Tu peux même jouer à des jeux avec. »

An Zhe déclina : « Non merci. »

Le jeune homme sortit rapidement un autre smartphone, blanc cette fois, de son sac : « Un modèle différent, cette couleur te conviendra mieux. C'est la toute dernière version, le dernier modèle de téléphone avant l'arrivée de la Grande Catastrophe, vendu dix mille unités à l'époque, et maintenant tu peux l'avoir pour seulement cent r ! »

An Zhe refusa de nouveau : « Non merci, je n'en ai pas besoin. »

L'homme insista, sortant un autre objet : « Vraiment pas besoin ? Tu as déjà un téléphone, n'est-ce pas ? As-tu besoin d'une batterie externe ? Tu peux l'utiliser pour recharger ton téléphone lorsque l'électricité est coupée à la Base. Elle a une grande capacité. Même si les batteries externes de grande capacité sont épuisées, celle-ci peut recharger deux fois. Je te fais une réduction, seulement trente unités. »

An Zhe le regarda honnêtement et répondit : « Je n'ai pas l'argent. »

Le visage du jeune homme en noir se figea, il rangea rapidement ses articles, puis se retourna pour partir, murmurant à voix basse : « Pourquoi venir sur le marché noir sans argent ? »

« Attends ! » appela An Zhe.

L'homme se retourna, mais avec une attitude extrêmement hostile. « Quoi ? »

« Je... je voudrais trouver un emploi… » dit An Zhe. « Sais-tu où je pourrais aller ? »

Le jeune homme fronça les sourcils, fit demi-tour, l'observa de la tête aux pieds, puis dit : « Ah, tu veux travailler. »

An Zhe répondit sincèrement : « Oui. »

« Alors tu as de bonnes qualifications ! » dit le jeune homme. « Si jamais tu as de l'argent, n'oublie pas de revenir m’acheter un téléphone. Je serai dans le marché noir tout le mois. »

An Zhe demanda : « Alors, où dois-je aller ? »

« Ah oui. Là-bas. » Le jeune homme désigna un coin. « Descends au troisième sous-sol et cherche le patron. »

An Zhe le remercia et lui sourit. « Merci. »

« Tu as l'air bien. Trouve-toi quelqu'un de fiable. Si tu t'en sors bien, n'oublie pas de m'acheter un téléphone ! »

« ...D'accord. »

*

Trois étages souterrains.

Humide. Ce fut la première impression d'An Zhe en entrant dans cet endroit. Les champignons appréciaient probablement cet air humide, mais l'odeur désagréable qui l'accompagnait le fit plisser les yeux.

La luminosité de l'endroit était sombre, et les couloirs tortueux et étroits. Les parois étaient faites de plaques de plastique rudimentaires qui divisaient l'espace en de nombreuses petites alcôves, où l'air ne circulait pas, et l'humidité se condensait en minuscules gouttelettes d'eau sur les plaques de plastique. L'ensemble de l'endroit émettait un bourdonnement léger, créé par la superposition des voix de nombreuses personnes qui parlaient à voix basse. Par moments, on pouvait entendre un rire aigu.

An Zhe hésita un instant avant de faire quelques pas en avant.



Il scruta les petites alcôves de chaque côté. Celle de gauche était vide, mais dans celle de droite, une femme aux longs cheveux baissait la tête. Elle leva les yeux en entendant les pas d'An Zhe, puis les baissa à nouveau.

An Zhe continua d'avancer, en écoutant la conversation. Ce fut d'abord la voix d'une femme.

« Comment est le climat dans le Bassin 2 ? »

« C'est correct. » répondit un homme d'une aussi voix douce que traînante, semblant un peu congestionné. « Le temps est agréable, mais il y a beaucoup de séismes. Nous en avons eu trois ce mois-ci. La dernière fois, ils étaient tous dehors et je me suis retrouvé seul dans la voiture. J'ai cru qu'ils ne reviendraient pas. »

La voix de la femme rit légèrement. « Ils ne sont pas revenus, et tu as pris la voiture. »

« La fois précédente, j'ai suivi leur équipe. Le capitaine m'avait dit qu'il m'apprendrait à conduire, mais il ne l'a jamais fait. Il m'avait dit qu'il m'emmènerait la prochaine fois, mais encore une fois, il ne l'a pas fait. J'ai passé un mois avec eux pour seulement trois cents unités. Est-ce trop cher ? »

La femme répondit : « Quand il s'agit de mercenaires, on entend un peu de tout. Tu n'es pas encore habitué à te faire arnaquer ? »

Les pas d'An Zhe s'arrêtèrent brusquement.

Il se souvint du visage d'Horsen, de ses yeux avides, et comprit soudainement le travail sous-terrain du troisième étage.

Et la phrase dans le manuel de la Base : "Toute relation d'emploi ou de contrat établie par le biais du marché libre n'est pas protégée par la loi de la Base, et les conséquences de la responsabilité individuelle."

Il ne voulait pas connaitre ces conséquences.

An Zhe se tourna silencieusement pour partir, mais il trébucha contre un corps doux et inattendu.

« Hey. » une voix de femme s'éleva, légèrement moqueuse. « Petit chéri, c'est ta première fois ici ? »

Le terme "petit chéri" évoqua en lui de sombres souvenirs, et An Zhe recula instinctivement de deux pas.

Face à lui se trouvait une femme grande, élancée, à la peau dorée et aux yeux verts. Ses longs cheveux bruns étaient bouclés aux pointes, et ses yeux en amande taquins, avec les coins extérieurs qui se relevaient. Elle s'approcha de lui en souriant et se passa la langue sur les lèvres.

« Tu es ici pour acheter ou pour te vendre, mon chéri ? » lui souffla-t-elle à l’oreille en riant.

 

Traduction: Darkia1030

Edition: AymxLuna

 

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