KOD -Chapitre 47 - L'école d'art dramatique

 

Excellent élève

 

Mais en réalité, si Zhu Meng n’aimait pas quelqu’un, elle ne prenait habituellement même pas la peine d’en dire du mal. En règle générale, elle réglait ses comptes sur place. Bien que Li Dongyuan ait l’air profondément attaché et semblait avoir changé de voie, Lin Qiushi n’avait pas oublié comment il les avait piégés dans la porte. Si Lin Qiushi n’avait pas eu de la chance à ce moment-là, ils seraient probablement tous tombés dans le piège de Li Dongyuan.

Tous ceux qui avaient réussi à passer la huitième porte n’étaient certainement pas des gens ordinaires, et encore moins bienveillants. Cela s'appliquait particulièrement à Li Dongyuan dont l’image à l’intérieur de la porte était totalement différente de son apparence extérieure, où son visage poupin donnait une impression d’innocence.

La porte dans laquelle ils allaient entrer avec Li Dongyuan était la quatrième d’un membre du groupe du Cerf Blanc. On ne savait pas encore précisément de qui il s’agissait, mais Ruan Nanzhu avait déjà obtenu des indices sur cette porte.

L’indice ne contenait que deux caractères : Satchan. (NT : les caractères 座子 se disent Satchan en chinois, mais lu en japonais cela donne Sachi, dont le diminutif est Sat-chan)

Après avoir mis la main dessus, Ruan Nanzhu avait mené ses recherches et donné à Lin Qiushi une brève explication. Satchan était une légende urbaine japonaise, qui avait même inspiré une comptine. L’histoire racontait qu’une jeune fille avait été percutée par une voiture lors d’une nuit enneigée et que la partie inférieure de son corps avait été sectionnée, entraînant sa mort tragique. Peu de temps après, quelqu’un avait utilisé cette histoire pour écrire une chanson, dont les paroles disaient :

"Sachiko se fait appeler Satchan depuis toute petite, c’est si ridicule.
Elle adore les bananes, mais ne peut en manger que la moitié, quelle tristesse.
Satchan est partie loin, elle doit sûrement m’avoir oublié, quelle solitude, Satchan."

Mais l’auteur de la chanson avait rapidement trouvé une mort atroce, et son corps avait été retrouvé sans la partie inférieure…

La chanson se terminait par ces derniers mots :

"Mes jambes ont disparu, me donneras-tu les tiennes ?"

On disait que quiconque chantait cette chanson faisait apparaître Satchan, qui venait alors lui prendre ses jambes.

En entendant cet indice, Lin Qiushi sentit des frissons lui parcourir le dos et se frotta les bras : « C’est un peu flippant. »

« Ça va encore », répondit Ruan Nanzhu, qui jugeait toujours un indice non pas selon son côté effrayant, mais selon son utilité. « Cet indice est assez détaillé, au moins il indique une condition de mort importante. »

« C’est vrai », acquiesça Lin Qiushi. « On y entre quand ? »

Ruan Nanzhu : « Dans trois jours, tu es prêt ? »

Lin Qiushi hocha la tête : « À peu près. »

Ruan Nanzhu : « Bien. »

Durant les jours suivants, Lin Qiushi porta son bracelet spécial et resta uniquement dans la villa, tandis que Ruan Nanzhu se préparait en enfilant à nouveau des vêtements féminins. Il était vraiment surprenant de voir à quel point il était naturel dans ce rôle, sans aucune fausse note. Lin Qiushi l’avait déjà vu ainsi auparavant, donc il commençait à s’y habituer. Il alla même jusqu’à penser en secret que Ruan Nanzhu ferait une femme magnifique… Bien sûr, il se contenta d’y penser sans oser l’exprimer à voix haute.

Les trois jours passèrent en un éclair. Juste avant d’entrer dans la porte, Lin Qiushi regardait encore la télévision, lorsqu’il se rendit compte que l’ambiance autour de lui avait changé. Il leva les yeux et s’aperçut que tout le monde dans la villa avait disparu.

Il se leva du canapé et ouvrit au hasard une porte, découvrant immédiatement un spectacle familier : les douze portes alignées devant lui.

Trois d’entre elles avaient déjà été scellées. Lin Qiushi s’avança et ouvrit la quatrième.

Un bruit métallique lourd retentit, et le décor changea sous ses yeux. Il se retrouva sur un petit chemin sombre, bordé d’arbres épais. En scrutant les alentours, il comprit rapidement où il était : dans un établissement scolaire. Autour de lui, des bâtiments scolaires s’alignaient proprement. Le ciel était encore gris, l’aube approchait, et un silence absolu régnait, à peine troublé par le bruissement des feuilles sous la brise légère.

Il fit quelques pas en avant prudemment et aperçut un homme qui observait les alentours. Bien que son visage lui fût inconnu, quelque chose dans son allure lui sembla étrangement familier. Lin Qiushi hésita un instant, enleva le bracelet à son poignet et l’appela.

L’homme se tourna et lui adressa un sourire : « Es-tu aussi passé par une porte? »

Lin Qiushi répondit par un simple « Hmm », puis hésita avant de prononcer leur code secret convenu à l’avance : « Mon ami, veux-tu un chewing-gum goût melon ? »

« Oui », répondit l’homme. « Mais ma quatrième dent est un peu sensible. »

« Li Dongyuan ? » demanda Lin Qiushi.

L’homme hocha la tête : « Lin Qiushi ? »

Ils se serrèrent la main brièvement, confirmant ainsi leur identité respective.

Même s’il s’y attendait, Lin Qiushi ne put s’empêcher d’être frappé par le contraste saisissant entre l’apparence de Li Dongyuan dans la réalité et celle qu’il arborait à l’intérieur de la porte. Il était devenu nettement plus grand, et son visage poupin avait disparu. Il dégageait une aura de calme, mais on pouvait sentir une certaine tension cachée en lui.

« Allons-y », dit Li Dongyuan, habitué à ce genre de situation. « On doit probablement se réunir dans le bâtiment principal. »

« D’accord », répondit Lin Qiushi.

« Ah, et à l’intérieur de la porte, je m’appelle toujours Meng Yu », ajouta Li Dongyuan. « Ne te trompe pas de nom. »

Lin Qiushi : « Je m’appelle Yu Linlin. »

Tout en marchant vers leur destination, les deux hommes discutèrent de quelques affaires liées aux portes, mais chacun resta prudent. Après tout, ils étaient concurrents et ne voulaient pas trop en dire.

En arrivant devant le bâtiment scolaire, Lin Qiushi aperçut au loin plusieurs personnes rassemblées au pied de l’immeuble.

Li Dongyuan balaya rapidement le groupe du regard. « Cinq hommes et quatre femmes, avec nous, ça fait onze. Zhu Meng doit être parmi eux. »

Lin Qiushi suggéra : « Vérifions. »

En réalité, il avait tout de suite reconnu Zhu Meng. Parmi les quatre femmes, c’était elle qui avait la silhouette la plus élancée. De plus, elle portait une robe longue de couleur claire, une tenue que Lin Qiushi connaissait bien. Une broche en forme de lapin en cristal blanc était épinglée sur sa poitrine.

Quand Lin Qiushi s’approcha, elle leva les yeux vers lui et lui adressa un sourire éclatant, ses paupières légèrement plissées, ce qui fit battre le cœur de Lin Qiushi un peu plus vite.

Contrairement à l’excitation qu’il montrait à l’extérieur, Li Dongyuan garda son calme et demanda : « C’est bien elle ? »

Lin Qiushi hocha la tête.

Li Dongyuan fit un commentaire : « Elle est vraiment belle. »

Lin Qiushi se dit que ce serait bien s’il adoptait la même attitude en dehors de la porte plutôt que de se disputer avec elle…

Alors qu’ils s’intégraient au groupe, ils ne furent pas surpris d’entendre quelqu’un crier. C’était un scénario qu’ils avaient déjà vu plusieurs fois : un nouveau venu paniqué, persuadé d’avoir été kidnappé, ou que tout cela n’était qu’un mauvais canular télévisé.

Cette fois encore, il y avait deux nouveaux, un homme et une femme. La femme était pâle comme un linge et semblait sur le point de s’évanouir. L’homme, lui, affichait une expression inquiète et posait des questions de manière fébrile : « Où sommes-nous ? Qui êtes-vous ? Pourquoi personne n’appelle la police ?! »

Après avoir crié un bon moment et voyant que personne ne lui répondait, l’homme déclara furieusement : « Puisque vous ne partez pas, moi, je m’en vais ! »

Les autres le regardèrent avec soit de la pitié, soit de l’agacement. Personne ne tenta de le retenir.

Lin Qiushi songea à l’arrêter, mais Li Dongyuan lui saisit le bras et secoua légèrement la tête.

« Pourquoi ? » demanda Lin Qiushi.

Li Dongyuan répondit : « Pas d’inquiétude, il reviendra tôt ou tard. »

« Oh », fit Lin Qiushi.

Et en effet, comme l’avait prédit Li Dongyuan, l’homme revint au bout de cinq minutes à peine. Mais son teint était encore plus livide qu’avant, et il semblait au bord de l’évanouissement. Personne ne savait ce qu’il avait vu à l’extérieur, mais au moins, il avait cessé de crier.

Le groupe resta rassemblé sur la place en face du bâtiment scolaire, échangeant à voix basse et se présentant brièvement.

Lin Qiushi et Li Dongyuan finirent par retrouver Ruan Nanzhu.

Avec un sourire, Ruan Nanzhu se présenta : « Je m’appelle Zhu Meng. Et vous ? »

« Meng Yu », répondit Li Dongyuan en tendant la main.

Ruan Nanzhu ne la serra pas, détournant son regard vers Lin Qiushi.

Lin Qiushi, un peu résigné, déclara : « Yu Linlin. » Sous le regard plein de reproches de Li Dongyuan, il finit par serrer la main de Ruan Nanzhu.

La nouvelle recrue de Li Dongyuan était une jeune femme, qui se présenta à son tour d’une voix douce : « Je m’appelle Xia Rubei. Ravie de travailler avec vous. »

Elle avait l’air fragile et réservée, telle une branche de saule prête à plier sous le vent,et elle semblait également posséder une personnalité plutôt douce. Après s'être présentée tranquillement, elle dit: "J'ai hâte de travailler avec vous tous.".

Ruan Nanzhu esquissa un sourire : « Moi de même. »

Ils attendirent encore un moment, avant que la sonnerie de l’école ne retentisse, marquant le début des cours. À l’extérieur, des élèves commencèrent à affluer vers le bâtiment scolaire. Mais aucun d’entre eux ne sembla surpris de voir le groupe d’inconnus stationné là. Peu après, certaines fenêtres du bâtiment jusque-là plongé dans l’obscurité s’illuminèrent.

Alors que tout le monde se demandait ce qu’ils étaient censés faire, un homme d’âge moyen descendit de l’immeuble. Il se présenta comme le directeur et leur annonça qu’il allait les conduire à leur dortoir.

« Vous allez devoir attendre quelques jours », expliqua-t-il. « Dès que les examens de fin de semestre seront terminés, vous pourrez commencer à travailler. » Alors qu'ils marchaient, l'enseignant ajoutéa: "Cependant, les terrains de l'école n'ont pas été calmes ces derniers temps, alors faites attention…"

Quelqu’un fronça les sourcils et demanda : « Il y a eu des incidents ? Vous dites que l’école n’est pas calme… Qu’entendez-vous par là ? »

Le professeur garda le silence, secoua simplement la tête. Agacé par l’insistance, il finit par lâcher : « Ce n’est pas une question qui vous concerne.»

Le groupe se tut.

Grâce à cet échange, Lin Qiushi comprit enfin leur rôle : ils étaient censés être une équipe de travaux embauchée par l’école pour rénover un vieux bâtiment scolaire. Mais il n’y avait aucune information sur la durée restante avant la fin des examens…

Le directeur les conduisit à leur dortoir, un vieux bâtiment résidentiel. L’endroit ressemblait à une barre d’immeubles délabrée, avec un seul bloc sanitaire par étage et des couloirs encombrés de toutes sortes d’objets abandonnés.

« Vous devrez tous vous contenter de cet endroit pour le moment », leur dit-il. « Vous n’allez pas y rester longtemps… »

« Il n’y a personne d’autre ici ? » demanda Li Dongyuan. « Nous serons seuls ? »

Le directeur expliqua : « Les enseignants de notre école sont nombreux, et les dortoirs sont toujours insuffisants. Mais ce bâtiment doit bientôt être démoli, alors ils ont tous déménagé. Comme vous ne faites que passer, vous devrez vous en accommoder. »

L’endroit dégageait une atmosphère oppressante. Des taches de moisissure noires recouvraient les murs, et il était difficile de deviner depuis combien de temps ce bâtiment était laissé à l’abandon.

Après leur avoir remis la clé du dortoir, le directeur ajouta : « L’ancien bâtiment que vous devez rénover se trouve au fond du terrain de sport. Vous pouvez aller jeter un œil si vous voulez. »

Ruan Nanzhu fronça les sourcils : « Vous ne nous accompagnez pas ? Après tout, nous ne connaissons pas du tout l’école. »

Le directeur écouta la requête de Ruan Nanzhu, mais son expression changea légèrement. Finalement, il secoua la tête et expliqua qu'il avait encore des cours à donner et n'avait pas le temps de les accompagner au vieux bâtiment. S’ils voulaient y aller, ils n’avaient qu’à s’y rendre seuls. Mais il leur conseilla vivement d’y aller en plein jour… Quant à la raison, même si personne ne la mentionna, tout le monde en avait une petite idée.

Après ces paroles, le directeur partit précipitamment, son dos indiquant clairement qu’il n’avait aucune envie d’être impliqué avec eux.

Li Dongyuan, adossé à la rambarde et mâchant son chewing-gum, commenta : « Cet NPC est plutôt intéressant. »

Lin Qiushi demanda : « En quoi ? »

Li Dongyuan expliqua : « Les NPC n’ont généralement pas peur de mourir, mais lui, il a l’air d’avoir vraiment la trouille. »

Lin Qiushi ne comprit pas vraiment le raisonnement de Li Dongyuan et ne répondit pas.

Ruan Nanzhu, quant à lui, déclara sans grande émotion : « Le monde est vaste, on y trouve de tout. Une affaire comme celle-ci ne devrait pas nous surprendre. Allons d’abord voir nos chambres. »

Le dortoir était composé de chambres pour quatre personnes avec des lits superposés.

Onze personnes, trois chambres : la répartition était parfaite.

Dès son entrée, Xia Rubei, celle que Li Dongyuan avait amenée, se plaignit à voix basse : « C’est vraiment vétuste ici… Et cette odeur de moisissure, c’est insupportable. »

Li Dongyuan haussa les épaules : « Fais avec, de toute façon, on ne va pas rester longtemps.»

Ruan Nanzhu ne se montra pas difficile et grimpa directement sur le lit supérieur au-dessus de celui de Lin Qiushi. Il passa la main sur la couverture et remarqua : « Aucune idée de quand elle a été utilisée pour la dernière fois, elle est toute humide. »

Li Dongyuan proposa : « Je peux la sécher pour toi. »

À ces mots, Xia Rubei pinça les lèvres, mécontente. Après tout, elle avait dit presque la même chose tout à l’heure, mais personne ne lui avait offert ce traitement de faveur. Elle jeta un regard à Ruan Nanzhu, visiblement frustrée, mais se retint d’exprimer pleinement son agacement.

Ruan Nanzhu, qui était toujours très sensible aux émotions des autres, perçut immédiatement son mécontentement. Ses yeux s’illuminèrent d’une lueur malicieuse. et, d'un geste de la main, il fit signe à Lin Qiushi:: «Linlin, viens m’aider à sécher ma couverture».

Lin Qiushi resta silencieux. Il connaissait maintenant très bien les expressions de Ruan Nanzhu. Même s’il ne comprenait pas exactement ce qui se passait, il savait en voyant son visage qu’il mijotait un coup tordu.

« D’accord, je vais allumer un feu », répondit Lin Qiushi.

Ruan Nanzhu sourit : « Linlin, tu es vraiment adorable. »

Lin Qiushi se leva pour sortir, mais Li Dongyuan lui barra le passage et le fixa intensément avant de dire : « Je vais m’en occuper. »

Lin Qiushi : « … »

Li Dongyuan ajouta : « Mengmeng, attends-moi. » Puis il sortit dans le couloir pour aller chercher du charbon et préparer un feu.

En observant la scène, l'humeur de Xia Rubei s'est encore détériorée. Ils allaient rapidement réaliser qu'elle n'était pas du tout la demoiselle douce, gentille et ouverte qu'elle prétendait être. Dès que Li Dongyuan quitta la pièce, elle laissa tomber toutes ses fausses apparences et se moqua d'eux, ricanant avec mépris. « Les gens d’Obsidienne sont tous aussi délicats ? C’est juste une couverture, et il faut absolument que Li Ge s’en occupe.»

À cette remarque, Ruan Nanzhu leva un doigt devant ses lèvres, feignant l’inquiétude. « Chut… Parle moins fort. C’est Meng Ge, pas Li Ge. Ta voix est si forte. Si quelqu’un t’entend, ce sera un problème… »

Xia Rubei pâlit de rage et les veines de son front gonfèrent pratiquement. Lin Qiushi éprouva une certaine compassion pour elle. Quand le âtron décidait de s’amuser, personne ne pouvait l’arrêter…

Pendant que Li Dongyuan faisait sécher la couverture de Ruan Nanzhu, il demanda : « Quand allons-nous jeter un œil au vieux bâtiment ? »

« Cet après-midi », répondit Ruan Nanzhu. « Allons d’abord manger et voir si on peut trouver des indices dans le bâtiment principal. »

« Ça me va », acquiesça Li Dongyuan.

Alors que Li Dongyuan continuait à sécher la couverture, profitant du temps libre, Lin Qiushi fit le tour de la chambre. Elle était spacieuse, mais bien trop vétuste. Une grande partie du plafond s’était effritée, révélant des plaques de béton noircies.

Il y avait un petit balcon. En regardant dehors, il vit une étendue d’herbes folles, puis, plus loin, le mur d’enceinte de l’école. Il en conclut que le dortoir se trouvait en bordure du campus.

En poursuivant son exploration, Lin Qiushi ne s’attendait pas à découvrir quoi que ce soit d’anormal. Pourtant, dans un coin du placard, il tomba sur un objet étrange : un talisman en papier rouge, collé tout au fond du meuble. Il était bien caché et aurait pu passer inaperçu.

« Il y a un talisman ici », signala-t-il.

« Un talisman ? » Ruan Nanzhu s’approcha et confirma la découverte. « Tsk… Ça sent les ennuis. »

Li Dongyuan fronça les sourcils : « Juste un seul ? »

Lin Qiushi répondit : « Pour l’instant, c’est tout ce que j’ai trouvé. »

Mais en cherchant un peu plus, ils réalisèrent rapidement qu’il n’y en avait pas qu’un seul. Chaque placard contenait un talisman similaire, collé bien au fond et impossible à retirer sans le déchirer.

« Ah… Même sous les lits ! » s’écria Xia Rubei, la voix tremblante. « C’est quoi ces trucs ? C’est terrifiant… »

En soulevant un matelas, elle avait découvert d’innombrables talismans rouge sang, collés les uns sur les autres en une épaisse couche, un spectacle qui donnait la chair de poule. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’ils allaient devoir dormir sur ces talismans…

Ruan Nanzhu observa la scène, pencha la tête et déclara : « Ces talismans doivent être là pour chasser les mauvais esprits. »

Li Dongyuan le fixa : « Tu en as déjà vu ? »

Ruan Nanzhu réfléchit un instant. « Il me semble que oui… Mais je ne m’en souviens plus très bien. »

Li Dongyuan conclut : « Dans ce cas, laissons-les en place. »

Les gens ordinaires qui verraient ces talismans se sentiraient généralement horrifiés. Les plus peureux n'hésiteraient pas à les arracher immédiatement. Xia Rubei était une de ces personnes facilement effrayées. Si Li Dongyuan ne l’avait pas empêchée, elle aurait sûrement déjà pris les talismans et les aurait déchirés.

Après avoir inspecté toute la pièce, il était presque l’heure du déjeuner. En sortant de la chambre, ils tombèrent sur les occupants d'une autre chambre en pleine dispute.

« T’es malade ou quoi ? Pourquoi garder ces trucs ? Et si c’était pour invoquer des esprits ?» L’un des individus tenait une grosse poignée de talismans rouges, visiblement, ils avaient aussi trouvé ces objets dans leur chambre.

L’autre personne n’était pas du tout contente : « Si t’as peur des fantômes, arrache les tiens. Moi, je n’ai pas peur. Toi, tu dis que ça invoque des esprits, moi je pense que ça les chasse. »

« Tu es fou, c’est impossible de discuter avec toi. Reste là si tu veux, mais moi je refuse de dormir dans la même chambre que toi ! Xiao Qin, on va dans la chambre d’à côté. » Il lança les talismans dans la poubelle, furieux. « Chasser les fantômes ? Mais tu es vraiment à côté de la plaque. Chaque NPC ici serait bien content si on mourrait plus vite, tu crois qu’ils vont nous aider à chasser les fantômes ? » Il partit avec une fille dans la chambre voisine, laissant l’autre derrière, furieux, claquant la porte.

Ruan Nanzhu et les autres avaient été témoins de cette agitation du début à la fin. Xia Rubei, qui avait déjà un peu peur, était encore plus effrayée. D'une voix tremblante, elle demanda : « Meng Ge, penses-tu qu'ils pourraient dire la vérité ? Et si ces choses invoquaient vraiment des esprits... ? »

Avant que Li Dongyuan ne puisse répondre, Ruan Nanzhu se pencha sur Lin Qiushi et imita Xia Rubei avec une voix pleine de fausse terreur : « Linlin Ge, moi aussi j’ai trop peur. »

Lin Qiushi : « … » De quoi as-tu peur, de ne pas être admis dans une école de cinéma, avec un talent comme le tien ?

Dès que Ruan Nanzhu se pencha vers lui, Li Dongyuan lança un regard aussi tranchant qu'un couteau vers Lin Qiushi.

Lin Qiushi : « … » Tu as beau me fixer, ça changera rien.

Xia Rubei, voyant que Li Dongyuan ne réagissait pas, mordilla sa lèvre inférieure. Une douleur profonde marquait ses traits et elle semblait être sur le point de sangloter. Dans le monde précédent, Li Dongyuan l’aurait probablement consolée, mais avec Ruan Nanzhu, qui surpassait tout le monde en tant que « blanche colombe », elle se sentit délaissée. Elle observa Ruan Nanzhu, qui baissa les yeux, ses beaux yeux brillants de larmes, mordillant doucement sa lèvre inférieure, murmurant : « Je vais essayer de ne pas avoir peur. »

Bien que les mots étaient identiques, l’impact de Ruan Nanzhu était dix fois plus fort. Même Lin Qiushi, bien qu’il sache que c’était un « grand patron », ne put s’empêcher de poser une main réconfortante sur son épaule, lui disant doucement : « Tout ira bien, je suis là. » Et bien sûr, Li Dongyuan, lui, n’en pouvait plus.

Le regard de Li Dongyuan était rempli de haine, il aurait presque voulu couper la main de Lin Qiushi posée sur l’épaule de Ruan Nanzhu pour y mettre la sienne à la place.

À ce moment-là, Ruan Nanzhu et Xia Rubei échangèrent discrètement des regards.

Xia Rubei : Tu es machiavélique, attends et tu vas voir.

Ruan Nanzhu : Vas-y, j’attends, j’ai tellement peur de toi.

Mais Lin Qiushi ne remarqua pas la tension entre Ruan Nanzhu et Xia Rubei. Il était trop concentré à se demander à quoi pouvaient bien servir ces talismans. Est-ce qu’ils chassaient les esprits ou faisaient autre chose ? Devait-il les arracher, et que se passerait-il si jamais il les déchirait ?

Le déjeuner arriva, et tous quatre se dirigèrent vers le réfectoire en discutant.

La cantine était pleine de monde, et Lin Qiushi eut une étrange sensation de normalité en voyant l’agitation, ce qui le fit presque oublier qu’ils se trouvaient dans un endroit étrange.

« Moi, je trouve ça assez effrayant », exprima Ruan Nanzhu. « Qui sait ce que sont réellement ces gens devant nous ? »

Li Dongyuan sourit sans répondre, lui demandant simplement ce qu’il voulait manger.

Ruan Nanzhu répondit : « Je mangerai tout ce que Linlin Ge mange. »

Li Dongyuan : « … »

Lin Qiushi : « … » Frère, arrête de me fixer, je suis innocent.

Finalement, chacun se retrouva avec un bol de nouilles. Celui de Ruan Nanzhu était particulier : il était le seul à avoir deux œufs, un geste de Li Dongyuan spécialement pour lui.

Xia Rubei, en voyant les œufs, fit grincer ses dents jusqu’à les briser. Elle éprouvait bien de l’intérêt pour Li Dongyuan, mais celui-ci n’avait jamais répondu à ses avances, encore moins regardé dans sa direction.. Elle pensait qu’en insistant, elle finirait par l’amadouer. Mais voilà, une autre fille, prénommée Zhu Meng, venait d’arriver, belle de surcroît, et avec un caractère encore plus détestable que le sien. et, franchement, Xia Rubei n’avait jamais rencontré une autre fille aussi détestable qu’elle.

Ruan Nanzhu mangea lentement les deux œufs et remercia Li Dongyuan.

Li Dongyuan sourit et répondit : « Tant que ça te fait plaisir. »

Ruan Nanzhu ajouta une phrase suggestive : "Bien sûr, ces oeufs étaient délicieux, mais je serais beaucoup plus heureuse si je pouvais goûter à ceux du grand frère Linlin." (NT : œufs veut dire testicules en argot chinois)

Li Dongyuan : « … »

Lin Qiushi avait l'expression totalement figée. Il savait qu’il ne pourrait pas échapper au scénario tordu de Ruan Nanzhu, mais sérieusement, de quoi s’agissait-il avec ces œufs ? Ruan Nanzhu, sois un peu plus clair et évite les malentendus.

Lors du déjeuner, ils demandèrent à des étudiants autour d’eux si quelque chose de particulier s'était passé récemment à l’école.

La plupart des étudiants étaient complètement perdus. Mais lorsqu’ils interrogèrent un étudiant de de troisième année (NT : équivalent de la terminale), son visage se décomposa immédiatement. Il répondit qu’il ne savait pas, attrapa son plateau et s'apprêta à partir.

Mais Li Dongyuan le bloqua.

« Excusez-moi, nous n’avons pas encore terminé », dit-il, avec un sourire aimable, mais une pression perceptible dans son regard, assez intimidant pour ne pas paraître trop doux. « Ce n’est pas très poli de partir comme ça, non ? »

L’étudiant de troisième année répondit : « Vous pouvez me poser toutes les questions que vous voulez, ça ne servira à rien. Si vous voulez vraiment savoir, allez à la bibliothèque et consultez les journaux des derniers jours. »

Ruan Nanzhu haussa un sourcil : « De quoi as-tu peur ? »

L’étudiant secoua la tête et refusa de répondre.

Lin Qiushi remarqua que sa main, qui tenait le plateau, tremblait légèrement. Bien qu’il fasse semblant de rester calme, il était évident qu’il était pris de terreur.

« Laisse-le partir », dit Ruan Nanzhu en agitant la main. « À plus. »

Li Dongyuan fronça les sourcils, semblant vouloir dire quelque chose, mais au final il se tut, relâchant sa prise pour laisser l’étudiant partir.

« C’est un étudiant de ltroisième année. » remarqua Ruan Nanzhu, « Même si nous ne connaissons pas son nom, on pourra le retrouver. »

Xia Rubei le regarda, surprise.« Comment sais tu ça ? »

Ruan Nanzhu désigna son propre torse : « Il avait un badge avec son numéro d’étudiant dessus, tu ne l’as pas vu ? »

Xia Rubei : « … »

Ruan Nanzhu : « Ah, tu ne l’as pas vu ? »

Xia Rubei : « … »

Ruan Nanzhu : « Ce n’est pas grave, moi je l’ai vu. » Il lui lança un sourire hypocrite.

Xia Rubei faillit pleurer à cause de son comportement…

 

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L’auteur a quelque chose à dire :

Ruan Nanzhu : Le jeu d’acteur me rend heureux.
Lin Qiushi : Ne pas te recruter est vraiment une grande perte pour l’industrie du divertissement…



Traducteur: Darkia1030