EDLEM - Chapitre 54 - « Binghuan ! Sais-tu seulement ce que tu es en train de faire ? »
Hua Che n’osait pas trop réfléchir, de peur de se bercer d’illusions.
Alors, Chu Binghuan l’aimait-il vraiment ?
Était-ce le « Lotus Rouge » qui expliquait pourquoi Chu Binghuan l’avait toujours rejeté ?
Soudain, il se remémora ce jour-là, il y a des années. Pris d’un léger trouble et ayant bu quelques verres, il avait taquiné Chu Binghuan avec une pointe d’ivresse. Comme à son habitude, Chu Binghuan était resté pur et impassible. Hua Che, sans la moindre honte, s’était jeté sur lui, l’embrassant avec passion, pour finalement découvrir que Chu Binghuan s’était soudain repris, le maitrisant avec fermeté sur le lit.
À l’époque, Hua Che était si ivre qu’il était dans un état de confusion et n’avait pas prêté attention à l’expression de Chu Binghuan. Mais à présent, en y repensant, il se rendit compte que le regard brûlant de Chu Binghuan avait gravé une marque indélébile en lui. Ses yeux débordant de retenue et de réticence, l’expression d’un fauve acculé, mourant après une longue répression.
Alors que les émotions s’intensifiaient, juste avant que la situation ne devienne irréversible, Chu Binghuan s’était brusquement repris, repoussant violemment Hua Che.
Hua Che se souvint du regard de Chu Binghuan à cet instant précis—panique et effroi, bien loin du dédain habituel auquel Hua Che était accoutumé.
Il avait cru que Chu Binghuan était dégoûté par lui.
Mais en réalité, Chu Binghuan avait peur de le toucher.
Joie et tristesse, espoir et désespoir s’entremêlaient.
Il ignorait combien de temps s’était écoulé, jusqu’à ce que Chu Binghuan apparaisse soudainement. Il lui était impossible de savoir quel jour ou quel mois c’était, lorsqu’il vit Chu Binghuan emporter précipitamment le Konghou et se rendre en hâte de Yuntian Shuijing jusqu’au pavillon de bambou derrière le Palais Fen Qing.
L’endroit était désert.
Chu Binghuan joua du Konghou, utilisant son propre sang et son âme comme offrandes, ignorant tout le reste pour rassembler et purifier l’âme éparpillée.
Il essaya encore et encore, sans jamais s’arrêter, jusqu’à ce que ses doigts saignent et que sa propre essence véritable ne soit presque épuisée.
Sept jours et sept nuits entiers s’écoulèrent avant qu’il ne parvienne enfin à condenser ce maigre, insignifiant fragment d’âme.
« Il y a toujours de l’espoir. » Chu Binghuan serra le Konghou contre lui, se réconfortant. « Tout ira bien. »
Un fragment d’âme ne pouvait survivre dans le monde des mortels ; sans ancrage physique, il se dissiperait inévitablement. Chu Binghuan avait alors choisi le Konghou, permettant à l’âme résiduelle de Hua Che de s’y attacher.
Soudain, Hua Che comprit quelque chose.
Tout le monde ne déclenchait pas ce phénomène en jouant du Konghou—seul lui, Hua Che, le pouvait.
Car l’âme résiduelle de sa vie passée y était attachée !
Pas étonnant qu’il se soit évanoui simplement en touchant l’instrument, sans même en jouer.
Alors qu’il réalisait cela, sa conscience s’embrouilla soudainement. Une force étrange sembla le tirer hors de son corps, et tout s’illumina en un instant—
*
Au moment où Hua Che toucha le Jade Pourpre de la Brume Aquatique, il perdit connaissance, ce qui terrifia Chu Binghuan. Ce n’est qu’avec les paroles rassurantes de Chu Changfeng qu’il parvint à retrouver un semblant de calme. Tentant de jouer du Konghou pour ramener la conscience égarée de Hua Che, il fit une fausse note sous l’effet de la nervosité, et tout devint soudain noir. Il perdit connaissance à son tour.
Lorsqu’il reprit ses esprits, il perçut des rires légers non loin de lui, des appels enjoués d’un homme et les taquineries affectueuses d’une femme.
Chu Binghuan ouvrit les yeux et se retrouva… au marché !
La rue lui était familière ; dans sa vie précédente, durant les trois cents ans d'absence de Hua Che, il y était souvent venu. Il connaissait cet endroit si bien qu'il pouvait reconnaître chaque brique du sol et chaque saule bordant la route.
Oui, c’était bien Hangzhou.
Mais cet endroit était encore à une certaine distance du Manoir de l’Ivresse.
Analysant calmement le temps et le lieu, Chu Binghuan déduisit aisément que tout cela était causé par le Jade Pourpre de la Brume Aquatique.
La légende du Jade Pourpre de la Brume Aquatique s’avérait donc à moitié vraie et à moitié fausse !
Il pouvait réellement transformer le jour en nuit, faire véritablement tourner le cycle du temps et conduire l’âme de l’interprète à traverser n’importe quelle époque.
Malheureusement, il ne pouvait pas modifier le passé pour altérer l’avenir ; les interprètes ne pouvaient qu’observer grâce au Jade Pourpre de la Brume Aquatique, tels de simples spectateurs.
Chu Binghuan savait qu’il maîtrisait bien la théorie musicale, mais il n’était pas un expert absolu.
Par conséquent, l’efficacité du Jade Pourpre de la Brume Aquatique était considérablement réduite. Il rassembla son calme et accepta la situation. Après tout, le cycle du temps avait ses limites, et le déplacement spatio-temporel échappait au contrôle de l’interprète, le faisant sauter d’un moment à un autre sans logique apparente.
Soudain, Chu Binghuan entendit des jurons provenant d’un restaurant à proximité.
« Sale gamin, tu le fais exprès ou quoi ? »
Aussitôt après, un fracas retentit, probablement des bols ainsi que des baguettes tombants et se brisant au sol.
Par réflexe, Chu Binghuan s’approcha. Mais dès qu’il franchit le seuil, il se figea sur place.
Bien que le garçon près de la table soit encore jeune, vêtu de simples vêtements de chanvre grossier, couvert de suie et de sable, Chu Binghuan le reconnut immédiatement.
Ce visage, qui l’avait hanté à travers plusieurs vies, comment aurait-il pu ne pas le reconnaître ?
« Je t’avais dit de faire attention au bouillon brûlant. Pourquoi t’es-tu levé ? » Le jeune Hua Che, âgé de dix ans, avait l’air contrarié. Il baissa la tête et murmura timidement : « Ce n’est pas comme si je l’avais fait exprès… »
« Qu’est-ce que t’as dit, morveux ? Tu oses m’accuser de t’avoir piégé !? »
Le tenancier du restaurant se précipita pour intervenir et conseilla : « Restons calmes, messieurs. Ces seigneurs sont des clients de marque. Pourquoi se disputer avec un gamin ? Hua Qingkong, excuse-toi immédiatement auprès du client ! »
« Je veux que ce gosse s’agenouille et demande pardon ! »
Xiao Hua Che regarda autour de lui, perplexe, puis se pointa du doigt. « Moi ? »
« Arrête de jouer les innocents ! Je te préviens, si tu ne t’agenouilles pas tout de suite pour lécher la soupe renversée, ça ne va pas bien se passer pour toi ! »
Chu Binghuan ne put plus contenir sa colère et donna un coup de poing, mais naturellement, il traversa le vide.
Voyant Xiao Hua Che rester immobile un instant, l’un des clients, agacé, leva la main pour lui donner une gifle. Avant que celle-ci ne s’abatte, Xiao Hua Che poussa soudain un cri de douleur, tomba au sol en se tenant la bouche et se mit à tousser violemment.
Ce changement brusque surprit non seulement les hommes et le tenancier, mais aussi Chu Binghuan.
Xiao Hua Che continua de tousser sans pouvoir s’arrêter, finissant par cracher du sang.
« Il y a quelque chose que je devrais vous dire, même si vous n’allez sûrement pas me croire. En vérité, je suis le gendre de Yuntian Shuijing. »
Chu Binghuan : « … »
« Si je meurs, peu importe. » Xiao Hua Che était allongé mollement sur le sol, le visage pâle. « Après ma mort, j’irai à Yuntian Shuijing retrouver ma fiancée. Alors, je me plaindrai à elle d’avoir été battu à mort. J’espère qu’elle se souviendra de nos fiançailles et qu’elle prendra sa revanche en utilisant le pouvoir de Yuntian Shuijing. »
Cette déclaration, qui semblait absurde, paraissait en réalité plutôt convaincante lorsqu’on y regardait de plus près, suffisamment pour tromper les clients. Après tout, pour eux, le monde était vaste, et le monde de la cultivation l’était encore plus. Si un gamin de dix ans connaissait Yuntian Shuijing, cela signifiait soit qu’il était bien informé, soit qu’il avait effectivement un lien avec Yuntian Shuijing.
Finalement, le client furieux partit, et le tenancier du restaurant ne savait plus s’il devait emmener Xiao Hua Che chez un médecin. À cet instant, le petit garnement bondit soudainement sur ses pieds, s’épousseta et agit comme si rien ne s’était passé.
« Héhé, j’ai appris cette technique auprès des grands frères de la route. Ils l’utilisent pour les escroqueries à l’assurance, moi, je l’utilise quand on essaie de m’arnaquer. »
En voyant l’astuce de Xiao Hua Che, Chu Binghuan ne savait pas s’il devait rire ou pleurer. Il regarda attentivement le petit Hua Che, qui avait visiblement le même âge que lui mais était plus petit d’une demi-tête et bien plus maigre. Son cœur se serra douloureusement, et il eut un désir incontrôlable : l’emmener immédiatement, le chérir, le nourrir de bons repas, lui offrir une vie confortable, et le voir grandir en pleine santé, potelé et heureux.
Soudain, une force extérieure le tira brusquement en arrière. Avant de perdre connaissance, il répéta désespérément le nom de Xiao Hua Che dans son esprit, tentant d’activer le Jade Pourpre de la Brume Aquatique avec son intense conscience spirituelle.
Comme prévu, son voyage à travers le temps et l’espace était une fois de plus lié à Hua Che.
Cependant, lorsqu’il ouvrit les yeux, il se retrouva dans une piscine glaciale.
En un instant, Chu Binghuan comprit où et quand il était.
Dans sa vie précédente, après que Hua Che eut fait défection au sein de la Secte Immortelle de Shangqing !!!
Était-ce donc ainsi que le Jade Pourpre de la Brume Aquatique bouleversait le monde ?
Il ne permettait pas seulement à l’âme de retourner dans le passé, mais il pouvait même traverser le temps et l’espace pour rejoindre un autre monde !
Avait-il réellement retrouvé son ancienne vie ?
Sans perdre un instant, Chu Binghuan quitta précipitamment Yuntian Shuijing. Lu Mingfeng venait tout juste de mourir… Hua Che, où était Hua Che !?
À la Secte Immortelle de Shangqing ?
Alors qu’il volait sur son épée, une idée lui traversa soudain l’esprit. Il décida de ne pas se rendre immédiatement à la Secte Immortelle de Shangqing, mais plutôt de descendre dans le monde des mortels, à Hangzhou, au Manoir de l’Ivresse !
Les archives historiques prétendant que le Manoir de l’Ivresse avait été déplacé n’étaient que des mensonges. La vérité, c’est qu’il avait été anéanti ! En une seule nuit, pas un seul être vivant n’avait survécu, ni poule ni chien.
Chu Binghuan sentit une suspicion grandir en lui. C’était sûrement comme il l’avait pressenti. Après tout, les cultivateurs démoniaques avaient parfois une manière plus directe d’agir : ils ne cachaient jamais leurs meurtres. Non seulement ils tuaient ouvertement, mais ils s’assuraient aussi que tout le monde soit au courant de leurs exploits en laissant derrière eux des signatures destinées à marquer leur nom dans les Six Royaumes.
En revanche, la voie de l’immortalité était plus insidieuse, manipulant l’histoire pour la réécrire au nom d’une soi-disant droiture…
Chu Binghuan avait vu juste.
Ce qui s’offrit à lui fut un spectacle de carnage, un champ de ruines sanglant, jonché de cadavres.
Sur le mur d’ombre, les mots « Palais de Shangqing » écrits en sang avaient depuis longtemps séché.
Le monde tourna sous ses yeux. Il eut l’impression que le ciel s’effondrait et que la terre se retournait. Quelque chose explosa dans son esprit, brisant en éclats ses croyances les plus profondes.
Chu Binghuan se précipita vers la Secte Immortelle de Shangqing.
Il courut dans un état misérable, désespéré, effrayé à l’idée d’arriver une seconde trop tard !
Lorsqu’il atteignit enfin les portes du Palais de Shangqing, ce qu’il vit et entendit était suffisant pour le réduire en miettes, de l’intérieur comme de l’extérieur.
Le Palais de Shangqing était bondé de monde, des dizaines de milliers de personnes rassemblées, et les anciens des différentes sectes immortelles étaient tous présents.
Sur la plateforme de Shangqing, il n’y avait que deux personnes : l’une debout, faisant face à la condamnation de milliers de cultivateurs ; l’autre agenouillée, étroitement ligotée par des cordes.
Il entendit un cultivateur dire : « Même si ce que tu dis est vrai, même si c’est bien Yin Wuhui qui a fait tout cela, et alors ? Cela peut-il prouver ton innocence ? Les dettes du père doivent être payées par le fils, les péchés de Yin Wuhui doivent être expiés par toi ! »
Il entendit un vieux taoïste déclarer : « Un moustique vole près de toi, il ne te pique pas, mais tu veux quand même l’écraser. »
Et plus encore, il entendit la voix de Hua Che, emplie de désespoir et d’ironie : « Je comprends maintenant, je suis né coupable, je suis né pour mourir ! Même s’il n’y avait pas eu l’affaire de Lu Mingfeng, même s’il n’y avait pas eu ces cinq mille vies, je devrais quand même mourir ! »
Finalement, la "corde" qui retenait la dernière lueur de vie de Hua Che tomba sous la lame acérée, libérant une marée de sang.
« Arrêtez !!! »
Chu Binghuan sentit qu’il hurlait, mais en réalité, aucun son ne sortit de sa bouche.
Il avait… perdu sa voix.
Sous les nuages noirs cachant le soleil et la pluie torrentielle s’abattant sur le monde, il oublia tout et se précipita dans l’ancienne formation. Il tenta désespérément d’attraper Hua Che dans ses bras, mais ne trouva que du vide, une étreinte fantomatique qui se brisa en poussière.
Comme s’il était envoûté, il répéta inlassablement ses tentatives, cherchant à tenir Hua Che contre lui, à caresser son visage, à apaiser son cœur brisé, à enfermer ce corps meurtri dans son étreinte pour le protéger.
Mais il ne pouvait pas.
Il ne pouvait que regarder, impuissant, tandis que l’ancienne formation s’activait. Il avait beau crier jusqu’à en perdre la voix, Hua Che ne l’entendait pas. Il avait beau déployer sa technique d’Écoute du Printemps, l’ancienne formation ne bougea pas d’un pouce.
Enfin, l’ancienne formation dévora Hua Che, détruisant sa cultivation, annihilant son âme.
Les jambes de Chu Binghuan flanchèrent et il s’effondra au sol.
Tout autour de lui devint silencieux. Il n’entendait plus rien ; ce monde l’avait exclu, ou peut-être était-ce lui qui avait abandonné le monde.
Était-ce cela, la douleur qui transperçait le cœur et les os ?
Soudain, il eut envie de rire.
Pourquoi cet homme, autrefois si brillant et noble, avait-il changé ? Pourquoi était-il devenu un cultivateur démoniaque à son retour ? Pourquoi s’était-il abandonné, pourquoi avait-il sombré dans la dépravation ?
Parce qu’il avait été trahi par son maître. Parce qu’il avait été trahi par son frère cadet qu’il aimait tant. Parce que tous ceux qu’il chérissait avaient disparu, détruits les uns après les autres !
Lu Mingfeng, Lu Yao, Yin Wuhui, et même le monde de la cultivation tout entier, même le royaume entier—ils n’avaient jamais voulu de lui !
Pourquoi !?
Et lui, où était-il à cette époque ?
Il ne savait rien de tout cela. Il… il avait laissé Hua Che affronter tout cela seul !!!
À l’époque ! Si seulement quelqu’un avait été à ses côtés, si seulement quelqu’un avait écouté Hua Che, avait hoché la tête et lui avait dit : « N’aie pas peur, je te crois. » alors jamais Hua Che ne serait arrivé à ce point !
Quel crime Hua Che avait-il commis ? Comme il était innocent…
« Réveille-toi ! Réveille-toi ! Mon dieu, ne m'effraie pas avec ton "réveil sur mon lit de mort" en plein milieu d’un combat crucial ! »
Mu Rongsa était tout excité. Soudain, Chu Binghuan se redressa d’un bond.
« Qu’est-ce qui se passe ? Tu fais semblant d’être mort ? » Mu Rongsa fronça les sourcils, agitant la main devant ses yeux vides. « Hé, qu’est-ce qui te prend ? »
Un sourire glacial s’étira sur les lèvres de Chu Binghuan. « Bien. Très bien. »
Mu Rongsa sentit un frisson lui parcourir l’échine. « Bien ? Qu’est-ce qui est bien ? Tu es possédé par un démon ? »
Chu Binghuan posa sa paume sur le sol trempé de sang, ressentant son froid glacial jusqu’à l’os. « Puisque vous avez détruit mon monde… »
Une lueur rouge sombre brilla dans ses yeux, et soudain, une aura noire et sinistre s’éleva autour de lui.
« Alors je vais détruire le vôtre ! »
« Bon sang !? » Mu Rongsa fut pris de court. En un instant, la brume noire se propagea telle une montagne s’effondrant, le projetant violemment en arrière. « Putain de merde !! »
Tout le camp fut brutalement déchiré par une puissante vague d’énergie véritable. Les alentours, incapables de supporter un tel impact, s’effondrèrent complètement.
Tout le monde fut stupéfait. Chu Changfeng et Mei Cailian, accourus après avoir entendu la nouvelle, furent particulièrement choqués. Ils fixèrent avec incrédulité Chu Binghuan, enveloppé d’une aura sombre.
Dans la foule en panique, quelqu’un hurla : « Il a été démonisé ! »
Ces mots frappèrent les esprits comme un coup de tonnerre.
« Le seigneur Chu est tombé sous l’influence démoniaque !? »
« Comment est-ce possible ? Non, seigneur Chu, ne faites pas ça ! »
Mei Cailian cria d’une voix rauque, sa gorge serrée : « Binghuan ! Sais-tu seulement ce que tu es en train de faire !? »
Chu Binghuan semblait totalement inconscient de la situation. Son regard était vide, ses pupilles ternes fixaient un point invisible, mais le rouge sombre dans ses yeux s’intensifiait, de plus en plus effrayant.
Au loin, un cultivateur démoniaque fut projeté vers lui. Sans même lui accorder un regard, Chu Binghuan leva lentement la main et referma fermement ses doigts autour de son cou.
Un cri perçant retentit. L’énergie démoniaque du cultivateur fut drainée jusqu’à la dernière goutte !
Dans le monde des cultivateurs démoniaques, il était courant de voler impitoyablement la cultivation, l’âme et même le noyau doré des autres. C’était la voie du démon !
« Le seigneur Chu s’est éveillé ! »
Ces quatre mots tirèrent Chu Binghuan de son état de torpeur, comme un aveugle trébuchant sur quelque chose de précieux. Ses yeux, aussi vides qu’un puits asséché, retrouvèrent enfin une lueur de vie.
Au loin, une silhouette vêtue de rouge accourait. « Petit glaçon !! »
« Hua Che, tu cherches la mort, reviens ici ! »
« Hua Qingkong, recule immédiatement ! Le seigneur Chu, il est déjà… »
Alors que cette personne courait vers lui, Chu Binghuan, empli de ressentiment et de désespoir, fut soudain envahi par une autre émotion : une douleur poignante. Il murmura malgré lui : « L’un est le fils aîné du manoir Yeyou, noble et sans égal dans la cultivation ; l’autre est la honte de Yuntian Shuijing, qui a oublié son héritage et a sombré dans la voie démoniaque. »
Tremblant, il tendit la main et caressa doucement le visage pâle de la silhouette qui approchait, comme s’il touchait un objet sacré, chaque regard lui semblant un sacrilège.
« Cette fois… je ne suis pas digne de toi. »
Traduction: Darkia1030
Edition: AymxLuna
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